01.08.2007
Ce n'est qu'un au-revoir ...
Non, pas physiquement … plutôt informatiquement.
Je soupçonne l’hébergeur de ce site de picoler en cachette ou d’avoir des dettes de jeu … Quoi qu’il en soit, un beau matin, toutes mes photos avaient disparu. Pouf Pouf, comme ça, sans prévenir. J’ai écrit à mon tenancier, mais pas de réponses. C’est pas la première fois que ça merdouille, mais disons que c’est la goutte d’eau qui a fait déborder la peau de l’ours…
Alors je prends mes clics et mes clacs et m’en vais m’installer sous une enseigne de meilleure réputation :
Si vous avez du mal avec la fonction copier/coller, vous pouvez tout simplement cliquer sur :
Et bien sur, vous passez prendre un verre quand vous voulez !
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14.07.2007
Aux verres, Citoyens !
Le « French National Day » comme l’appelait Shakespeare de son vivant se fêtent aussi à l’étranger. Et pas qu’un peu, mes neveux. Pile poil pour l’arrivée de l’une de mes sisters chéries et adorées, v’là le 14 juillet qui déboule dans nos ambassades. Sur un air tricolore, Monsieur l’Ambassadeur nous invite pour faire la bringue.
Si j’ai eu la chance d’en profiter l’an dernier, j’ai cependant manqué l’occasion de vous raconter un peu cet évènement tant attendu par les français hors de France. Je précise, parce que lorsqu’on a droit en tout et pour tout à un défile sur les Champs retransmit en DolbyStereo et une Allocution Pestilentielle en son THX, la prise de la Bastille, on s’en cogne un peu et au bout de 218 ans tout rond, le symbolisme commence à s’écorner.
Mais à l’étranger, pardon ! Pour se faire pardonner de ne pas avoir réussi à en un faire un jour férié international, les représentant officiels de l’hexagone organisent pour leurs cons citoyens une bamboula du tonnerre.
Selon les termes officiels, nous sommes conviés à un cocktail dans le jardin de l’ambassade, de 18h à 21h. Tenue correcte exigée bien évidemment, nous débarquons avec un brin de retard, en pleine Marseillaise. Dieu Merci, les buffets sont encore intacts.
Je ne cherche absolument pas à faire preuve de mauvais esprit mais bien de réalisme : aussi loin que nous puissions être de notre chère mère Patrie, la Fet’ Nat réveille les tendances franchouillardes tapis perse au fond de chacun de nous. Le 14 Juillet, plus que n’importe quel autre jour de l’année, il nous faut du fromage et du vin rouge. Et en c’qui concerne la matière première, M’sieur l’ambassadeur n’est pas chiche sur les quantités. La qualité aurait pu, aurait du être là si le service des douanes n’avait pas fait de chichis et avait gentiment laissé passer le chargement de Vin, en provenance directe de la seule région du monde ou on sait en produire qui soit digne de ce nom. On a du se contenter d’une gros rouge qui tache, à 25 RM la boutanche (dans ce cas précis, le terme « bouteille » ne s’applique plus). Niveau fromage par contre, rien à dire. Le buffet a été régulièrement réapprovisionné jusque vers 23h et des brouettes. Oui, parce que malgré l’extinction des feux programmés à 21h, les gendarmes gantés de blanc et plutôt détendus ne nous ont poliment mis à la porte que sur les coups de .. j’sais pas exactement mais bien après que le carrosse de cendrillon se soit changé en citrouille.
Pour résumer, une bonne soirée comme on devrait en organiser une fois par mois, sans
Rocher Suchard mais avec un buffet qui s’pose là, du Champagne et même du Ricard dans un verre ballon (sans blague), des mondains, des officiels, des officieux, des Dato’ avec leurs Datin’, des gendarmes aux gants blancs, une cantatrice et tout un gros paquet de pic-assiettes, le tout dans la joies et la bonne humeur !
Two thumbs up for the ambassador dont le bon coup sait toujours charmer les invités !
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10.07.2007
Le confesseur s'endort
Si j’reprends la plume après cette longue absence injustifiée – d’ailleurs j’ai pas de compte à rendre – c’est pour souhaiter la bienvenue à l’une de mes ô combien nombreuses sœurs chéries et adorées. Fraîchement débarquée de sa Belgique d’adoption et après un périple qui lui aura fait visiter les aéroports de Thaïlande et Finlande, la voici qui arrive en Malaisie, pour mon plus grand plaisir, Mesdames et Messieurs, mini-hola en l’honneur de Caro !
La première du clan à venir me rendre visite va être reçue comme une princesse. Au menu, un peu d’adaptation à la culture locale et aux chauffeurs de taxi, un peu de plage, un zeste de jungle, une pincée de temples, quelques visites à droite, à gauche, laisser cuire à thermostat 4 jusqu’au 26, et nous partons main dans la main, de tuk-tuk en tuk-tuk, vers de folles aventures au pays des ping-pong shows et au pays du million d’éléphants.
Nota : je sais que les photos sont indisponibles. Sachez que je ne fais absolument pas mon possible pour corriger cela, ce site étant en jachère pour de meilleures récoltes ultérieures. Merci
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10.05.2007
Java 2 sans 3 ...
Photos à venir …
Après Sumatra et Bali, je débarque sur Java, posant le pied pour la troisième fois sur le sol indonésien, pour une grosse semaine en colonie de vacances. Nous ne sommes pas moins de 8 kualalumpuriens à passer la douane à l’aéroport de Solo, connu aussi sous le nom de Surakarta, en ce beau matin d’avril. Hasard ou réaction en chaîne, nous allons être un sacré groupe pendant la première partie du voyage, ce qui n’est pas sans m’inquiéter.
Mais bon, plus on est de fou, plus on rit.
Sans perdre de temps, nous prenons un Bus jusqu’au temple de Prambanan (et non pas « prends banane ! » qui est un peu trop impératif – c’est nul ? et alors ?). Une dizaine de dollars US plus tard, nous nous retrouvons dans une réplique moins imposante des temples d’Angkor, qui a bien souffert des tremblements de terre qui ont eu lieu dans la région au cours des dernières années. Ah oui, j’en profite pour préciser au passage, pour ceux qui lisent jamais les journaux, qu’au jeu des 7 familles des catastrophes naturelles, l’Indonésie, elle a peu bonne pioche à chaque fois: tsunamis, éruptions volcaniques, tremblements de terre, inondations, glissement de terrain, épidémie de grippe aviaire … à chaque fois c’est pour sa poire.
A l’entrée, le guide est navré de nous annoncer que pour des mesures de sécurité, due à l’instabilité des pierres depuis les derniers tremblements de terre, il est interdit de rentrer dans les temples. Le même guide, durant la visite, proposera de nous faire rentrer en échange d’une poignée de rupiahs. A force, on finit par s’habituer à cette sensation de « mais-il-se-foutrait-pas-de-ma-gueule-des-fois-lui ? »
Après la visite de Prambanan, nous reprenons la route en direction de Yogyakarta puis Borobudur, un temple bouddhiste plus imposant et majestueux que Prambanan et surtout, en meilleur état. Le problème, c’est qu’il menace de s’effondrer sous le poids des touristes et des élèves indonésiens qui profitent de ce beau dimanche ensoleillé pour faire une petite sortie de classe. Mais ces derniers ont l’air de nous trouver plus intéressant que l’ouvrage de leurs ancêtres et nous nous faisons agresser à coup de « boleh gambar ?»(1) par les plus polis ; les autres nous prenant sauvagement en photo sans même nous demander la permission. Pour une fois, les rôles sont inversés !
Apres la visite, nous retournons à Yogyakarta, centre culturel et historique de Java, particulièrement réputé pour ses fabriques de batiks, à tel point que ça en est devenu l’arnaque à la monde. C’est dingue le nombre de « seule école officielle de batik financé par le gouvernement » qu’on nous propose de visiter. Achetez, c’est pas cher ! You want batik, my friend ? 50 $ pour un bout de tissus imprimé en machine, probablement made in China, avec des vrais morceaux de batik à l’intérieur.
Nous ne nous attarderons pas trop à Yogyakarta (et nous n’y achèterons pas non plus de batiks) Le lendemain, nous prenons un minibus – 10 heures de trajet en tout – pour aller jusqu’à Probolinggo d’ou nous prenons un autre minibus encore plus rouillé pour arriver au pied du Gunung Bromo. Comme un c… j’ai oublié que le village était à plus de 2000m et que même en Indonésie, à cette altitude, surtout la nuit, y gèle en tabarnac… Du coup, je n’ai rien d’autre pour me couvrir qu’une couverture douteuse, fournie en même temps que la chambre, le lit, les poils et les acariens. Oui, on a décidé de prendre la package, c’était plus avantageux.
Une philanthropie passagère, due à un coca vieux comme Erode consommé quelques temps auparavant et mon manque d’habitude aux températures inférieures à 20°C vont peut être bien avoir raison de ma personne. C’est à 3h du mat’ que cette pensée me traverse, quand il faut se lever pour aller voir le soleil se lever sur les trois volcans. Bon, malgré l’hypothermie, faut quand même reconnaître que c’est bioutifoule au point de vous scotcher les yeux au fond du crane.
Après ce magnifique spectacle, nous partons pour l’ascension du Bromo par la face nord (ce qui est pas si grave puisque nous sommes en hémisphère Sud) accompagné par une horde de touristes. Heureusement, ils ne s’attardent pas et nous nous retrouvons bientôt tout seul pour faire le tour du cratère fumant. En fait, ces volcans sont plutôt « actif ». Le Gunung Semeru, à quelques kilomètres de nous, lâche un petit rototo de fumée noirâtre, toutes les 20 minutes, avec une ponctualité de chef de gare.
Après une bonne journée à respirer le grand air, suivi d’une bonne nuit de sommeil réparateur, nous repartons, toujours en bus, vers d’autres paysages. En fait, « Bus » pourrait être le leitmotiv de ce voyage. En Indonésie, les distances sont grandes et les bus sont lents ; mais les trajets font partit du voyage et les bus de Java méritent d’être visités ! Tout au long du trajet, des vendeurs en tout genre défilent dans le bus surchargé, alternant avec les joueurs de guitare et autre chanteur populaire qui embarquent le temps d’une chanson. Une sacré animation qui rompt la monotonie du voyage.
Après une autre journée de transport où nous avons enchaîné successivement deux bus, un bateau et un bus, nous arrivons sur l’île de Madura, au Nord-Est de Java. Le gouvernement indonésien essaye depuis des années de faire de Madura une île touristique à la mode de Caen, une sorte de Bali bis. A voir les hôtels désertés, les piscines transformés en marécage, il semble que cette tentative soit un échec. Il n’y a pas grand chose en commun entre Madura et Bali. Nous ne nous y attardons pas et si cet endroit possède quoi que ce soit d’intéressant aux yeux des jeunes occidentaux que nous sommes, nous n’avons pas été capables de le voir.
Nous retournons à notre point de départ : Solo. Moins touristiques que sa jumelle Yogyakarta, Solo n’en a pas moins d’intérêt culturel, artistique et historique. Bon d’accord, ça sonne un peu agence de voyage et je me doute que vu l’intérêt que vous portez à la culture, vous allez pas tarder à décrocher si je continue avec mes lieux communs et mes commentaires du genre Guide Vert (que je recommande pas du tout, soit dit en passant). Le plus marquant à Solo, c’est le nombre de sourire que l’ont reçoit en ce baladant dans la rue. Alors qu’à Yogya (pour les intimes) nous étions continuellement harcelés par des arnaqueurs en tout genre, les Surakartais (2) ont l’air d’être foncièrement accueillant, venant nous parler ou nous adressant un sourire, un bonjour, sans arrière pensée, pour le plaisir de nous montrer le meilleur visage de leur ville.
Seul hic, la ville n’étant pas trop touristique, je n’ai trouvé personne qui puisse arranger l’expédition par bateau vers la France d’un magnifique Bouddha, sculpté dans la pierre et pesant un bon quintal, dont j’aurai pu faire l’acquisition pour une bouchée de pain. J’suis sur que mes parents auraient été ravis d’avoir ça au milieu du jardin ! Tant pis ...
(1) Auriez-vous l’aimable obligeance de bien vouloir poser avec moi sur ce cliché photographique que j’aurai par la suite beaucoup de plaisir et de fierté à montrer à mes amis et plus tard à mes enfants ?
(2) J’crois que c’est comme ça qu’on les appelle. Si quelqu’un a une meilleure proposition, merci de laisser un commentaire
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21.04.2007
Epuisé par l'attente, il n'a plus beaucoup de fric
Il n’y a des choses qu’on ne voit qu’en Malaisie (et aussi là et là bande de chanceux) !
Enfin, pas tout à fait, mais disons que je n’ai vu ça nul par ailleurs dans ma courte vie…
J’habite en centre ville - l’hyper centre même - ce qui signifie que la plupart des manifestations et évènement en tout genre se déroulent généralement dans un rayon de 300m autour de mon appartement. Chaque fois que je sors de chez moi, j’ai droit à des mini-spectacles en tout genre !
Afin de promouvoir une boisson énergétique dont je me refuse à dire le nom, les responsables marketing/communication – que je soupçonne d’avoir fait de longues et brillantes études - ont eu l’idée géniale d’organiser un concours à l’entrée un des centres commerciaux avoisinant. Bref, alors que je profitais d’une petite promenade de santé pour aller m’enquérir de quelques sushis à emporter pour mon dîner, mes pas me conduisirent au lieu du dit concours.
Mis à part les jeux télévisés que je qualifierai de hors-concours, je ne souviens pas avoir vu jeu plus stupide, à part peut être celui qui consiste à se retrouver volontairement dans une piscine en même temps qu’un taureau. Ce jeu à malencontreusement perdu en intérêt, quand les organisateurs ont choisi de remplacer le taureau par une vachette, faisant ainsi courir moins de risques aux imbéciles
En l’occurrence, l’imbécillité est un dilemme étymologique (essayez d’écrire ça sans faute, pour voir) Plus l’appât est gros, plus l’homme est con. L’appât se trouvant être une new-beetle - soit l’équivalent en Malaisie de 40 mois de salaire d’un jeune ingénieur et 65 mois de salaire d’une secrétaire – les imbéciles se bousculaient à l’entrée.
Pour la gagner, il suffit de la toucher. Ca paraît simple ! En fait, il faut la toucher continuellement, garder sa main posée dessus pendant au moins 60 heures d’affilé ! 60 heures sans dormir, sans parler, sans s’asseoir, sans rien faire d’autre que se faire ch… avec droit de temps à autre, à une minute (montre en main) pour aller se soulager la vessie. Six concurrents au départ, un seul à l’arrivée. Si au bout de 60 heures il reste encore du monde, on continue jusqu'à ce qu’il n’y en ait plus qu’un.
Même TF1 l’a jamais fait celle là ! Un peu comme dans ce bouquin de Stephen King où une centaine de gars partent pour une chouette promenade, sauf que dès qu’ils s’arrêtent, ils se font dégommer, tout ça parce que le dernier gagne plein de sous.
Patience, on va finir par en arriver à des jeux comme ça !
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01.04.2007
Tradition, chasses et fêtes
L’un des nombreux avantage de la moto, c’est qu’on est libre de partir sur un coup de tête, pour une journée ou plus si affinité.
En ce beau matin d’avril, Rémi et moi partons à cheval sur nos Jaguh respectives – la mienne est plus belle que la sienne – pour aller visiter Colmar.
Bien que nous soyons un 1er avril, ceci n’est pas une blague et j’ai des preuves photographiques de ce que je vous raconte. Pour la petite histoire, le Dr Mahathir, ancien Premier Ministre de Malaisie, en visite en France avec son épouse, serait tombé amoureux du célèbre village alsacien.
De retour dans son pays, toujours sous le coup de l’émotion, il suggère – car en Malaisie, le gouvernement suggère – que l’on érige une réplique de Colmar, sans oublier les géraniums aux fenêtres et les puces du village.
Comme il y avait à Bukit Tinggi de jolis sites pour bâtir, les Malaysiens ne reculant devant rien ont pétri le béton à la tonne pour bâtir ce surprenant « Colmar Tropicale » Rien n’a été oublié, pas même les restaurants servants chouchoutes ou flammekueche. Mais les spécialités alsaciennes ne s’accommodant pas avec le climat malais, nous nous sommes contentés de quelques plats plus légers : une tourte aux cailles suivie d’une escalope sur un lit de salade.
La Malaisie ne compte pas s’arrêter-la : d’ici quelques mois, c’est une reproduction du château du Haut-Koenigsbourg avec ses 200 chambres et suites, qui ouvrira ses portes juste à coté de « Colmar Tropicale » On peut déjà les voir étaler quelques carpettes sur la route.
Au train ou vont les choses, je ne serai pas surpris, d’ici quelques mois, de les voir se lancer dans la construction du Mont Saint-Michel ou dans la reproduction des calanques de Marseille …
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22.03.2007
What happens in Malaysia, stays in Malaysia
Depuis quelques jours, il y a une nouvelle présence féminine dans ma vie. Elle répond au doux prénom de Kim.
Je sais bien qu’il ne s’agit que d’une aventure éphémère. Les lois et les frontières y mettront un terme lorsque je quitterai la Malaisie. Qu’importe, nous vivons au jour le jour, sans nous soucier du lendemain. Notre relation n’en est que plus belle, plus intense.
Mes horaires impossibles ne nous laissent que peu de temps à partager durant la semaine, mais lorsque vient le week-end, nous partons main dans la main pour de folles escapades.
J’aime sentir la chaleur de son corps. J’aime la sentir vibrer durant nos étreintes. J’aime … pardon maman, tu ne devrais lire ça !
Certain dirait, au risque de paraît vulgaire, que c’est un beau châssis. C’est vrai ! Ce n’est pas une grande sportive, mais elle a du répondant et, bien que peu capricieuse, elle a du caractère. Elle n’hésite pas à hausser le ton quand c’est nécessaire.
J’aurai vraiment aimé pouvoir vous la présenter. La majorité d’entre vous ne la rencontreront probablement jamais. Alors pour tout ce qui n’auront pas la chance de faire sa connaissance, vous pourrez voir une photo de Kim et moi, prise à Bukit Tinggi, en cliquant ici .
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20.03.2007
L'élu et les locaux
À l’occasion de la visite du président du Sénat à Kuala Lumpur, quelques français importants ou pistonnés – vous me rangez dans la catégorie qui vous préférez – furent conviés à un cocktail à l’ambassade de France. Réception officielle, discours solennel du chargé d’affaire de l’ambassade (l’ambassadeur étant en vacances) et allocution très bleu-blanc-rouge - bien qu’inaudible – du Président du Sénat .
Il ne manqua pas de rappeler que notre devoir de citoyen ne s’arrêtait pas aux frontières métropolitaines et qu’il serait de bon ton que nous votassions lors des prochaines élections. Encore eus t’il fallut que tous ici présent s’inscrivissent à temps !
Après une légère déception - personne ne sentant le besoin de profiter de cette once-in-a-life opportunité pour lui poser une question en direct et en personne - M. le président du Sénat à solennellement déclaré ouverte la ruée vers les petits fours.
Je me demande sincèrement si ces hauts fonctionnaires sont dupes. Ces discours sont une mascarade. S’ils n’étaient pas immédiatement suivis d’une distribution gratuite de coupe de champagne, personne n’y assisterait de son plein gré. Peut être que palabrer devant une foule affamée et assoiffée suffit à leurs faire plaisir ; peut être que l’ambassade aime à rappeler au français loin de chez eux que la France les aime toujours ; peut-être que l’ambassadeur essaye de légitimer un logement de fonction aussi imposant ; peut-être qu’après tout, personne ne se soucis de ces questions car au final … c’est vous qui payez!
Encore merci à mon « contact » pour son aimable invitation. J’suis partant pour la prochaine !
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25.02.2007
Elle aime les jolies formes philippines (Philippines 2/2)
Me voilà à bord du vol 5J619 à destination de Bohol, dans les Visayas. La compagnie qui opère la liaison entre Manille et Tagbilaran est une compagnie philippine, qui, malgré une flotte d’A319 flambant neuve (qui viennent de Toulouse, comme moi, dit donc !) reste très … philippines ! C’est un peu bordélique, un peu mal organisé, les passagers se signent et s’arrose d’eau bénite avant de monter dans l’avion mais surtout, surtout, après avoir distribué des « rafraîchissements » l’équipage se lance, devant mes yeux ébahis et mon air de poule ayant trouvé un couteau, dans une fantastique session de karaoké, reprenant avec brio le répertoire des chanson « love » qui font fureur depuis les années 80 !
Ca ne se voit qu’aux Philippines ! Ca à d’ailleurs bien faillit être la dernière chose intéressante que j’aurai pu voir dans ma chienne de vie.
« Mesdames et Messieurs, votre attention s’il vous plait, nous allons atterrir dans une dizaine de minutes, veuillez regagner votre place et attacher vos ceintures… » - Tu parles, Charles ! Partit comme c’est partit, je doute sérieusement qu’on puisse siroter des Mojitos dans la prochaine demi-heure. Nous approchons, à mon goût, bien trop rapidement du tarmac. Qui plus est, on tangue drôlement. Les maisons s’approchent. On peut voir les gens bronzer sur la plage. Le pilote qui, par télépathie, du sentir mon inquiétude, remet les gaz au dernier moment et annule sa tentative d’atterrissage. Et c’est repartit pour un tour ! Les gens se signent. Mon voisin embrasse sa médaille de Saint Christophe et me demande si je veux en faire autant. Nous reprenons de l’altitude. Un virage à droite, un virage gauche, m’est avis que le pilote doit être un stagiaire ! Peut être juste un job d’été … Bref, nous nous remettons plus ou moins - plutôt moins - dans l’axe de la piste. Cette fois-ci, c’est l’inverse, nous allons très lentement. Mon voisin continue à marmonner des « Ave Maria » en tagalog. Ca doit marcher puisque nous finissons par nous poser – oh, pas en finesse, ni en douceur – mais en tout cas saint et sauf, ce qui est finalement le plus important.
Je récupère mon sac sur la piste (c’est un tout petit aéroport) et je me mets en route pour Loboc. J’emprunte tout d’abord un Tricycle pour me rendre à la Jeepney station. C’est là que je réalise que je ne vous ai pas encore parlé des « Jeepneys », tellement populaire qu’ils pourraient figurer sur le drapeau national. La Thaïlande a ses Tuk-Tuk, le Cambodge ses Motodops, l’Indonésie ses Bemos … si chaque pays à sont moyen de transport folklorique et emblématique, le plus funky et le plus coloré est très certainement le Jeepney ! Fabriqué sur la base de Jeeps de l’armée américaine, le Jeepney est plus qu’un véhicule, c’est un moyen d’expression, un tableau, un lieu de culte. Bariolé, tagué, un portrait du Christ sur le capot, celui de Marie sur le toit, un message du genre « God is my Lord » ou encore « Jesus Forever », de la musique à fond les ballons, on rentre dans un jeepney autant de personnes que possible. Quand y a plus de place, on en met sur le toit. Et comme d’hab’, on n’oublie pas de se signer en montant !
Je finis par arriver au Nuts Huts, célèbre guesthouse que l’on m’a recommandée. En fait, j’arrive plutôt à un panneau marqué Nuts Huts, sur le bord de la route, indiquant un petit sentier s’enfonçant dans la forêt. La guesthouse, se trouve en fait au bout de ce chemin, à environ 1km et des bananes.
C’est en endroit très paisible, propre, au bord de la rivière, où l’on sert de la bonne nourriture … et pas cher ! De plus, c’est tenu par un couple d’européen vraiment sympathique (*). Au cas où certain se demandent si je suis pas en train de faire de la pub, la réponse est oui, parce que cet endroit mérite qu’on lui fasse de la pub. C’est le paradis du Backpacker ! On s’y sent rapidement chez soit. En arrivant, je croise un belge d’a peu près mon age. Je lui dis que je suis français, aussi tôt il me demande « t’es un ami d’Amaya ? » Avouez que ça surprend ! Un peu plus tard, je fais la connaissance de deux américains qui se baladent depuis quelques mois en asie. Il y quelques semaines, ils logeaient chez des amis à KL ! Je veux bien que le monde soit petit, mais là … Si ça continue, un de ses jours, en ouvrant la porte, je vais tomber nez à nez avec mon paternel !
Parmi tous les services proposés par la guesthouse, il y a quelques motos à louer pour la journée. J’en prends une pour visiter l’île. Je vais éviter de me lancer dans de grande description bucolique. Je laisse ça à Rousseau et compagnie. Pour voir comment que c’est zolie Bohol, tu ferais mieux de regarder les photos que j’ai pris la peine de mettre sur ce site. Ca sera plus explicite. En bref et après avoir fait le plein, je pars en direction de Corella pour visiter un centre où l’on protége les tarsiers, petits primates aux yeux démesurés qui ne vivent que sur quelques îles aux Philippines. Ensuite, je poursuis ma route, toujours en moto, à travers la jungle pour aller jusqu’à Sagbayan puis Carmen, deux points de vue sur les Chocolate Hills, ces collines parfaitement rondes qui sont, avec les tarsiers, le symbole de Bohol.
Après avoir roulé toute la journée, je rentre à la guesthouse où je retrouve Damien et Marion. Ils ont passé les premiers jours de leur séjour à Bohol sur l’île de Panglao.
Troisième journée à Bohol. Je profite de la moto pour partir explorer le reste de l’île. Au programme, jardins de papillons, champ de riz en terrasse, mangroves, jungles … Bohol est vraiment l’endroit idéal pour passer quelques jours à se balader, tout en profitant du rythme nonchalant des îles tropicales.
Les quelques jours passent trop vite et il est temps pour moi de rentrer. Petite escale à Manille. Merci Amaya pour ton accueil. C’est finit pour aujourd’hui, vous pouvez éteindre votre ordinateur, à tchao, bon dimanche !
* Anecdotes sur demande
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20.02.2007
Ne mets pas le feu à Manille (Philippines 1/2)
Qui dit Nouvel An Chinois dit jours de congés !
Je fuis l’effervescence générale et prends une semaine de vacances aux Philippines, d’une part parce que je connais pas encore les Philippines et qu’il paraît que c’est zolie et, d’autres part, parce j’y retrouve Amaya, qui vit à Metro Manila, Marion qui arrive de France et Damien, qui arrive pied par la Chine.
Première impression très dépaysantes, les Philippines n’ont pas grand chose d’asiatique. Colonisé par les Espagnols, puis occupée par les Ricains, il reste plus grand chose de traditionnel. D’après Damien, il y a du Mexique dans ce pays ! Bref, nous sommes chaleureusement accueillis par Amaya et les autres volontaires qui vivent à Makati, dans un charmant petit Baranguay où l’on trouve de tout, même un cercueil posé dans la rue (avec quelqu’un dedans bien sûr) et des gens qui boivent, mangent et jouent aux cartes autour. Apparemment, les familles sont trop pauvres pour enterrer le défunt. En cette funeste occasion, les gens sont exceptionnellement autorisé à jouer de l’argent. Les gains vont dans un pot commun pour financer une sépulture décente. Charmante coutume !
Après avoir déposer sacs et passeport et objet de valeur à l’hôtel, nous partons faire la tournée des bars de Manille. Rassurée par un charmant écriteau stipulant « Merci de déposer vos armes en entrant », nous allons prendre un verre en regardant un groupe de rock filipino, au look « tendance », massacrer quelques classiques des années 80.
Le lendemain, nous commençons par visiter les Malls (1) célèbres de la région, vestige de l’ère amerloque, suivi d’une petite balade dans la partie « historique » de Manille. Notre journée se termine par un mélancolique couché de soleil sur la mer de Chine.
Je suis sûr que tout écrivain romantico-dramatique a un jour rêvé de placer dans un de ses bouquins un petit « coucher de soleil sur la mer de Chine » Des phrases comme celle là, ça fait fondre n’importe qu’elle demoiselle (encore) à la recherche du Prince Charmant. Mais je m’égare…
Lundi matin, laissant Damien et Marion, je pars en (charmante) compagnie d’Amaya pour aller voir de plus prêt le volcan Taal, à quelques heures Manille. C’est un des seuls endroit au monde où l’on peut voir « une île sur un lac sur une île sur un lac sur une île sur un océan ! » J’explique : sur l’île de Luzon se trouve un lac, au milieu duquel se trouve un volcan (l’un des plus petit encore en activité). Dans le cratère de ce volcan se trouve … un lac et, sur ce lac, se trouve … une île ! Une version locale des poupées russes (2), en quelques sortes.
Le proprio de la Guesthouse dans laquelle nous posons nos affaires nous informe gentiment que ce soir, c’est l’anniversaire de sa femme et qu’ils organisent une petite soirée karaoké à la quelle nous sommes fortement conviés. De toute façon, notre chambre n’est séparée de la sono que par un mur si fin qu’il en est presque transparent. Manquant de méfiance, nous nous installons à table avec eux. La scène suivante n’est pas sans rappeler un célèbre passage des « Tontons Flingueurs » (oui, oui, j’parle bien de la scène dans la cuisine). Quand il ne chante pas, le Philippin boit. En deux temps. Un verre à moutarde remplit d’alcool local, cul-sec, suivi d’un grand ver d’eau, cul-sec aussi. Du coup, il chante de plus en plus mal, mais l’essentiel, c’est de participer !
Après beaucoup de fou rire, un peu trop d’alcool et trop peu de sommeil, nous partons faire l’ascension de la face sud du cratère. Le sentier que nous arpentons pourrait être plaisant si nous n’étions pas constamment bousculés et aveuglés par les nuages de poussière soulevés par des hordes coréens qui, pêchant par paresse, préfèrent monter à califourchon sur leur baudet.
Malgré cette marée humaine, la vue du sommet en vaut la peine. La dernière éruption datant de 1977. Quelques geysers de vapeur montrent bien que le volcan est toujours en activité et qu’on pourrait s’en prendre plein la face à n’importe quel moment.
Après cette ballade poussiéreuse et une séance de décrassage au milieu du lac, nous faisons nos adieux à la chaleureuse famille et nous rentrons à Manille, juste à temps pour une séance de dégustation de Baluts, spécialité asiatique, plus particulièrement philippine, réputée pour ses vertues aphrodisiaques et son aspect peu rajoutant. Un balut, ça ne se raconte pas, ça se vit !
(1) Centres commerciaux.
(2) T’as vu le film ? C’est bien, hein ?
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18.02.2007
Amène le porc !
Ce qui est bien en Malaisie, c’est qu’avec 60% de malais (musulmans), 25% de chinois, 8% d’indiens et 7% assez flou, il y a toujours quelques choses à fêter et à chaque fois, il y a des jours fériés ; mais ça je vous l’ai déjà dit. Il faut que j’arrête de radoter.
Mesdames et messieurs, pour votre plus grand plaisir à tous, après beaujolais nouveaux, le nouvel an chinois est arrivé. Gong Xi Fa Cai, Selamat Tahun Baru Cina, Happy Chinese New Year, Meilleurs Vœux et blablabla.
Bref, en ce nouvel an chinois, la ville est en fête et décorée de lampion rouge. Les entreprises s’arrêtent, les gens sont contents et les centres commerciaux vibrent aux rythmes de musiques chinoises qui me donnent de plus en plus envie de m’enfoncer un tournevis dans les oreilles pour ne plus avoir à entendre ces horreurs. Pardonnez mon manque d’enthousiasme mais c’est mon 3ème nouvel an en 4 mois (tu peux te rafraîchir la mémoire là et aussi là). La nouvelle année, c’est comme tout, on finit toujours par s’enlacer.
Et puis il y a aussi les feux d’artifices et autres pétards. Comme un juste retour des choses, ils rappellent au monde qu’ils ont inventé la poudre et en allument quelle que soit l’heure et l’endroit, si bien que je me réveille régulièrement en sursaut, croyant que la guerre est déclarée. Ca m’a presque valu une crise cardiaque. Cependant, avant que vous ne me traitiez de Schtroumph Grognon (je manque de sommeil) je dois admettre que lorsqu’ils font ça en début de soirée, je suis aux premières loges depuis mon balcon et j’ai droit à mon feu d’artifice privé, ce qui n’est pas désagréable !
Mais surtout, ces évènements marque l’entrée dans l’année du cochon. Comme chaque année, des milliers de statuette, à l’effigie de l’animal célébré, sont en vente sur tous les étalages. Cette année, Nif-Nif, Naf-Naf et Nouf-Nouf vont égayer, avec tout le mauvais goût possible, les intérieurs et les bureaux des membres de la communauté chinoise. Je vous laisse donc imaginer le cauchemar qu’est en train de vivre 60% de la population !
Vous croyez quand même pas que c’est par hasard si j’ai rappelé les chiffres au début. Faut suivre !
Déjà qu’ils étaient pas fanna du chien, qui était à l’honneur l’an dernier, les pauvres malais regardent cette invasion porcine d’un très mauvais œil. Que voulez-vous, le bonheur des uns fait le malheur des autres, ou l’inverse, je sais plus. Pour les chinois, le cochon, c’est un peu notre vache à lait. Qui plus est, 2007 est l’année du « cochon d’or », un truc qui n’arrive qu’une fois tous les 60 ans. C’est le symbole de la prospérité et de la richesse. Selon l’adage, ceux qui sont nés l’année du cochon d’or « gagneront de l’argent sans lever le petit doigt ». Du coup, certains s’attendent à un véritable baby-boom en Chine.
Heureusement pour les malais, dans l’astrologie chinoise, le cochon, est surtout connu pour sa diplomatie et sa nature délicate. Normalement, tout devrait bien se passer.
Alors souhaitons une excellente année à tous les chinois car tout est bon dans le cochon, de la queue jusqu’au menton !
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01.02.2007
Thaipusam, ça fait du bien, là où ça fait mal
11h du soir. Après un bon dîner dans un Mamak un peu class, nous partons à dos d’une dizaine de motos, version la chevauchée fantastique dans les rues de KL, le tout sur un petit air des Walkyries. Direction, les Batu Caves.
Tu comprends rien à ce que je raconte ? Et bien c’est normal, ! Ma prof de français en 2nd appelée ça un début « in medias res » (c’est du latin). J’ai juste voulu faire un test.
Bref, histoire de pas trop en perdre en cour de route, je vais commencer par le commencement.
Pouf pouf …
En ce moment, c’est Thaipusam, ou en d’autres termes, l’anniversaire de Muragan, le fils de Shiva, qui tua Târaka éradiquant ainsi le Mal. Je ne sais pas exactement quel âge il a, mais ce qu’est bien avec les dieux, c’est qu’ils prennent pas une ride. Les hindous célèbrent Thaipusam chaque année, au dixième mois lunaire du Calendrier Tamoul, lorsque la constellation Pusam (l’étoile du bonheur) pointe le bout de son nez. Il paraît que ce jour là, le soleil, la lune et les planètes alignés favorisent la spiritualité. La plus grosse célébration à lieu aux Batu Caves, à côté de KL. Un escalier de 272 marches conduit à un temple construit dans une caverne. Une semaine par an, les singes et les touristes, principaux occupants des lieux, sont gentiment chassés pour laisser places à la procession de près d’un million de fidèles, ce qui fait quand même beaucoup d’hindous dans un endroit, finalement pas si grand que ça.
Mais attention, nous sommes loin des cantiques de la messe de minuit et des anges de nos campagnes, l’ambiance générale est plus dans l’esprit néo-rétro-grunge, un peu transe, pas du tout smooth, genre des hindous avec des yeux immenses, dilatés, parfois révulsés; d’autres avec le crâne rasé, recouvert d’une sorte de peinture jaune-orange qui jouent à vas-y-que-j-te-pousse dans une foule déraisonnablement dense. Certains s’amusent à se planter des aiguilles en tout genre dans les bras, la poitrine, les épaules et la tête (alouette) et à s’accrocher à l’aide (au secours !!!) d’hameçons plantés directement dans le dos, des fleurs, des fruits et des « paal kudam » (bouteille de lait). Le lait, c’est un peu l’eau bénite des hindous. Ils aiment les sensation pures.
Le fin du fin, dans la collection printemps-été, c’est le Kavadi, une espèce de cage en acier très lourde, toujours très fioriturée, ornée de plumes de paons, que l’on porte sur les épaules grâce à tout plein de pics et de crochets plantés dans la chaire ! Le plus invraisemblable, c’est qu’il paraît que la foi seule suffit à supporter ces supplices et à les mettre dans cet état de transe. La foi et au moins 48 jours de régime végétarien, d’abstinence et de prière. Même si le doute m’habite, il semblerait qu’ils ne soient sous l’emprise d’aucunes drogues à ce moment là, hormis peut être la fatigue ! Qui plus est, malgré tout ces piercings, ils saignent très peu, voir pas du tout et ne garde aucune cicatrice. Et pour les avoirs vus faire, je vous garantis qu’ils font pas semblant s’embrocher.
Ainsi accoutré, ils gravissent les marches jusqu’au temple où on leur retire tout ce qu’ils se sont plantés dans le corps. L’hygiène est irréprochable : chaque blessure est désinfectée en y frottant un citron vert. Certains dévots sont allongés, plus ou moins évanouis, pendant que leurs proches tentent de les réanimer en secouant sur leur tête des serviettes pleines de cendres.
Ce qui nos apparaît être de la barbarie est surtout une forme extrême de dévotion. En offrant ainsi son corps, le pénitent espère expier ses pêchés et ceux de sa famille. C’est autre chose que se racheter à coup de Pater Noster et d’Ave Maria. Heureusement, seule une minorité pratique ce rituel. Les autres dévots se contentent de gravir les marche, dans une foule compacte, pour aller déposer des offrandes au pied du temple, s’écartant pour laisser passer les porteurs de Kavadi. De nombreuses personnes, y compris des hindous, pensent que Thaipusam, en version ultra violente, dépassent un petit peu les bornes des limites. Cette cérémonie, est d’ailleurs interdite en Inde.
L’année prochaine, je m’y mets !
p.s : A l’instant où j’écrie ces lignes, je suis en transit entre Bornéo et les Philippines, donc dans un état d’extrême précipitation.. Il est fort probable que je fasse quelques corrections ou quelques ajouts lorsque j’aurai un peu plus de temps.
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30.01.2007
Le tout est trop confus
You know you’ve spent way too much time in Malaysia when:
Tu manges du Nasi Lamak ou des Mee Goreng au p’tit dej
Ton corps n’a plus besoin de laitages
Tu vas faire tes courses au marché du coin en pyjama
Tu ne penses plus que passer devant une file de 30 personnes à la caisse soit si mal que ça
Tu manges « à la bonne franquette » même au restaurant
Tu peux dormir n’importe où et dans n’importe quelle position
Tu pioches dans l’assiette de ton voisin sans même lui demander la permission
Tu ne fais plus du tout attention au code de la route
Tu rotes sans gêne au nez d’inconnus
Tu considères qu’un trottoir étroit est l’endroit idéal pour se garer
Tu ponctues tes phrases de « lah » même dans ta langue maternelle
Tu trouve que les étrangers ont des têtes bizarres
Tu t’arrêtes toujours en haut des escalators pour consulter ton agenda
Tu adores rentrer dans le métro ou l’ascenseur avant que les gens n’en sorte
Tu ouvres la fenêtre pour faire entrer de l’air chaud quand la climatisation est trop forte.
Tu n’envisages pas de rentrer dans un restaurant si celui-ci n’est pas bondé
Tu préfères renifler bruyamment plutôt que de te moucher en public
Tu crois tout ce qui est écrit dans la presse locale
Tu trouves que la mode chinoise, c’est la classe
Tu aimes jouer à « celui qui marche le moins vite » dans la rue
Tu invites tes amis à dîner chez Pizza Hut, MacDo ou KFC
Tu t’arrêtes au milieu de la route, sans raison et sans faire attention à la circulation
Tu demandes le montant de ses revenus à quelqu’un et attends une réponse
Tu parles toujours plus fort que nécessaire
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24.01.2007
Les pages se font à l’usine
Vendredi, au programme, visite de l’usine d’une boite à qui on sous-traite la fabrication de pièces métalliques en tout genre.
En général, on ne voit de ces entreprises que la face émergée de l’iceberg, ce qui, compte tenu de la température locale, ne représente pas grand chose. Au moment de l’appel d’offre, un ingénieur et un commercial viennent nous rendre visite. On leur donne les plans, on discute un peu pour vérifier qu’on est bien sur la même longueur d’onde, si tout va bien, on signe … et avec un peu de chance, quelques semaines plus tard, le produit fini est livré sur le chantier. Si j’y suis pas à ce moment et que la pièce est montée dans les jours qui suivent, tout ce que j’aurai vu de la compagnie XYZ Snd Bhd, ce sont deux sympathiques représentants et les plans des pièces, que j’ai sous les yeux day in and day out…
C’est pour cela qu’il est parfois bon de leur rendre une petite visite à l’occasion, à plus forte raison quand c’est une entreprise avec laquelle nous n’avons pas l’habitude de travailler.
Laissez-moi vous narrer ma dernière visite ; une visite typique, en somme !
Vendredi matin, je parts en voiture avec un collègue, direction Port Klang. Au bout d’une heure de route et en suivant scrupuleusement les indications, nous prenons la 3ème à gauche après la station essence. Nous sommes en rase campagne et nous avons passé la dite station il y a bien 15 bornes. La 3ème à gauche s’avère être un petit chemin en terre qui s’enfonce dans une jungle de bananiers (y a aussi plein d’autres arbres, mais j’ai surtout appris à reconnaître les bananiers) Comme ce chemin ne mène absolument nul part, nous faisons marche arrière (et non pas demi-tour, y a pas la place) pour rejoindre la route principale, afin de voir si, dans notre précipitation, nous ne somme pas déjà passé devant le bon chemin. Je vous passe les détails. Nous finissons, complètement de par hasard, par emprunter le bon chemin qui nous conduit jusqu’à l’usine. C’est pratique, tout de même, le hasard !
Située dans une clairière, certainement défrichée manuellement, cette usine paraît très propre. Un gardien à l’entrée, un portail électrique, des places de parkings, elle a tout d’une grande ! On nous conduit dans une salle de réunion où l’on nous sert les traditionnels Teh Tarik et Kopi Tarik (au choix, café ou thé avec beaucoup de lait concentré très sucré). Même pas le temps de se chopper un diabète carabiné, que commence le défilé des directeurs de ci ou de ça (me demandez pas pourquoi mais ils sont tous directeurs de quelque chose) et le tout aussi traditionnel échange de carte de visite . Après avoir épuisé tout mon stock, je reçois solennellement un pavé sur l’entreprise qui m’aidera peut-être à comprendre pourquoi il y a autant de directeurs, si jamais l’envie saugrenue me prend de vouloir le lire.
Et puis, après quelques mondanités, nous finissons par quitter la salle de réunion pour aller visiter l’usine qui se trouve dans la pièce adjacente, sous-jacente ou sur-jacente, selon le point de vue.
Holly Cow !
Le terme d’usine est un peu exagéré. Ca ressemble un peu au hangar de M. Pouce, le voisin de mes grands-parents…mais en pire ! Pour info et pour tous ceux (et vous êtes nombreux), qui ne voient pas de quoi je parle, c’est dans les Corbières. Un gros fatras métallique : des poutres, des tôles, des vis et des boulons en tout genre, éparpillés d’une façon si parfaite que je me suis demandé un instant si y avait pas un géant qui aurait attrapé l’usine pour la secouer violemment avant de la remettre sa place. Mais ça se peut pas... Autre détail intéressant, il n’y a absolument pas l’ombre d’une machine un tant soit peu automatique. Pas d’ateliers non plus. Je vois quelques gars accroupis par terre ou en équilibre sur des monticules de ferraille, en train de découper, percer ou souder des trucs qui seront plus tard des pièces d’une qualité digne de l’industrie aéronautique. Aussi étonnant que ça puisse paraître, ces gars sont les MacGyver de l’industrie métallurgique. Avec un chewing-gum, un bout de ficelle et un couteau pointu, ils arrivent à faire des trucs par croyables !
La visite dure en général une petite demi-heure. C’est léger après s’être tapé une heure de route. Ce qui l’est beaucoup moins, c’est le repas auquel nous sommes invités. Le but étant de remplir la panse du client (nous, en l’occurrence) de façon à ce qu’il n’ait pas l’impression d’être venu pour rien. A la demi-heure de visite succède donc 2 (quand c’est pas 3) heure de repas où un nombre incalculable de plat s’enchaîne. Tout un rituel !
Mais ce repas est aussi un test : par politesse, on vous apporte des couverts en plus des baguettes. Mais hors de question de piocher dans le bol de cacahuètes avec les doigts. C’est là que l’entraînement paye : ignorer les couverts et saisir, l’air de rien, les cacahuètes avec les baguettes. Ca paraît rien comme ça (un peu quand même) mais ça suffit à se faire respecter ! Un occidental capable de réussir une telle prouesse, les chinois, ça les épate !
Une fois passé le test des baguettes commence le repas à proprement parlé. Enfin, proprement, c’est vite dit ! Il faut faire abstraction de toutes ses années d’apprentissage des bonnes manières, oublier le manuel du savoir-vivre. La politesse, ici, c’est se de jeter sur la nourriture, se servir goulûment, manger en faisant du bruit et, de préférence, en en foutant partout !
Attention, ce n’est valable pour le repas avec les chinois. Avec les indiens, il faut faire moins de bruit, mais il faut manger avec les doigts. C’est très amusant aussi.
Dans l’ensemble, c’est délicieux et bien présenté. Juste un bémol pour le dernier plat. Une soupe pour être précis. A mon avis (et j’y ai vachement réfléchi) ils ont récupéré tous les restes de la semaine et ils les ont fait bouillir dans de l’eau chaude. Ca se mange avec du vinaigre, comme ça, on a sent le goût ! Heureusement, il est très poli de ne pas finir son assiette. Quand, après vous êtes bâfré comme un ogre, arrive enfin le dernier plat, vous pouvez crier stop, ce qui permet à votre hôte de crier victoire !
S’en suit (s’essuye aussi, faut voir le chantier) le rituel du thé qui fait quand même vachement de bien à la fin du repas. Ca se boit très chaud et c’est servi dans des dés coudre.
Y a pas tortiller, les asiatiques, ils savent recevoir !
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15.01.2007
Taxi for you, my friend ?
Une récente étude menée par UBS bank of Switzerland a classé Kuala Lumpur comme la ville la moins chère du monde pour les touristes occidentaux. Si vous voulez plus de détails sur la façon dont ils sont arriver à cette conclusion, vous pouvez toujours chercher sur Google. Ce calcul est valable pour les touristes « grand standing ». Ces messieurs s’extasient devant une luxueuse chambre d’hôtel à 100$ la nuit (au lieu de 600$ a NYC). Pour ce prix la, je voyage 2 semaines en Asie. Chacun son mode de vie et je reconnais bien volontiers que c’est un prix plus que raisonnable. Pour les backpackers, la Malaisie est globalement un peu plus cher que ses voisins indonésiens et thaïlandais, mais c’est pas la mer à boire.
Si je vous parle de ça, c’est qu’une partie de l’article a attiré mon attention : « Taxi fares in Kuala Lumpur are also one of the cheapest in the world at US$1.60 (RM5.88) for a 5km trip within the city. A similar trip in New York costs US$11.60 (RM42). »
Pour ceux que la langue de Shakespeare laisse de marbre, il est écrit que les Taxis de Kuala Lumpur sont parmi les moins chers du monde. Je ne sais pas quel est le guignol qui a osé pondre ça, mais il aurait mieux fait de se couper en se rasant ce matin car il n’a, de toute évidence, jamais mis les pieds dans un taxi à Kuala Lumpur !
En bon pays civilisé, les autorités (in)compétentes de Malaisie ont établi le prix de la course et exigent qu’un autocollant indiquant les tarifs soit collé sur la vitre de chaque taxi. La course est facturée 2 RM pour les 2 premières minutes et les 2 premiers km, puis 0.1 RM par tranches de 45 secs et de 100m.
Si on considère qu’on roule à 50 Km/h en ville, en imaginant qu’on roule en ligne droite, qu’il n’y pas d’autres voitures et qu’on ne rencontre aucun feu rouge, il faut 6 min pour parcourir 5 km Un petit calcul rapide (que je vais vous épargner) et beaucoup d’hypothèses nous permet de déterminer le prix de la course : 4.10 RM (sans tenir compte non plus de la baignoire qui fuit dans un train venant en sens inverse par un vent fraîchissant nord-nord ouest …)
Bref, en théorie, j’admets, c’est bien joli, mais alors en pratique …
En pratique, vous avez 1 chance sur 10 que ça se passe comme ça. Lorsque vous avez une jolie bouille d’occidental, vos chances tombent à 1 sur 50. Quand je vous dit que j’ai jamais eu de chances avec les probabilités !
Les chauffards de taxi peuvent se diviser en 3 catégories :
- Les honnêtes braves gens : ils sont malheureusement minoritaires. Quand on en rencontre un, c’est fabuleux, on voudrait faire 3 fois le tour de la ville, juste pour le plaisir. Je tiens ici à rendre hommage à ces honnêtes artisans de la route qui font l’honneur de leur profession.
- Les franc-escrocs : c’est certainement la catégorie la plus importante. Ils refusent tout simplement de mettre le compteur et n’hésitent pas à vous demander un tarif jusqu'à 5 (j’ai eu droit à 10) fois supérieur au tarif normal (celui avec le compteur). C’est aussi la catégorie que j’ai le plus de mal à comprendre : ils préfèrent rouler à vide et brûler joyeusement leur carburant que de vous embarquer au tarif normal. Représentant la catégorie majoritaire, il n’est pas rare de refuser plusieurs taxi avant d’en trouver un qui accepte le compteur. Ils sévissent surtout le soir ou devant les lieux touristiques. Généralement, ils vous proposent, en plus de la courses, tout un panel de services (payant) tels que des « young ladies », des « lady-boys », parfois même du Viagra. Ceci dit, il faut quand même reconnaître qu’ils ont la franchise de vous arnaquer ouvertement. Libre à vous de refuser.
- Les authentiques fripouilles : la catégorie qui m’exaspèrent le plus. Au premier coup d’œil, ils sont quasiment impossibles à distinguer de la 1ère catégorie. C’est aussi la catégorie à laquelle j’ai le plus souvent à faire. Connaissant à peu prêt le prix de la course, je refuse régulièrement de céder au chantage des chauffeurs de la 2ème catégorie. Vous embarquez, confiant, avec un chauffeur de la 3ème catégorie et à la moindre seconde d’inattention, vous vous faites avoir. En avant la grande visite touristique ! Vas-y qu’il prend à droite au lieu de prendre à gauche et c’est parti pour faire 3 fois le tour de la ville, alors que cette fois-ci vous n’avez rien demandé. Ou bien il appuie sur un bouton magique et le montant sur le compteur double instantanément. Ça demande une vigilance permanente, mais surtout, il ne faut jamais leurs faire confiance quand ils disent que c’est un raccourci (qu’ils sont les seuls à connaître) ou qu’ils cherchent à éviter les embouteillages. C’est du flan !
Cependant, ces catégories sont arbitraires et pas toujours aussi distincte qu’il n’y paraît. Certains chauffeurs de la 1ère catégorie peuvent basculer dans la 3ème catégorie après une heure avancée de la nuit ou devant un occidental typique. Certains membres de la 2ème catégorie peuvent se retrouver aussi bien dans la 1ère que dans la 3ème catégorie quand ils finissent par accepter de mettre le compteur. Heureusement, lorsqu’on se fait avoir, ce qui, malgré l’expérience, reste assez fréquent, c’est plus l’orgueil que le portefeuille qui en prend un coup.
Anyway, comme l’a si justement écrit Umberto Eco : « Dans le monde entier, il existe un moyen infaillible de reconnaître un chauffeur de taxi : c'est quelqu'un qui n'a jamais de monnaie »
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07.01.2007
Le Bhoutan
Comme j’ai pris de bonnes résolutions pour la nouvelle année, je m’suis dit que, quitte à vous raconter ma vie, je pouvais aussi sournoisement glisser des articles de cultures tellement générales que tout le monde s’en fout. Comme ça vous pourrez faire les malins a midi avec les collègues de bureau en entamant la discussion par un petit : « Saviez-vous que … »
D’ailleurs saviez-vous que le jeu du « Saviez-vous que … » fut inventé en l’an 2006 à Kuala Lumpur, durant une soirée où les gens avaient mangé tellement de fondue savoyarde qu’il savait plus trop ce qu’ils racontaient. Ils leurs arrivent parfois de faire n’importe quoi, aux gens.
Mais revenons au mouton de la gamine et parlons du Bhoutan.
Kesako le Bhoutan ?
Le Bhoutan est un petit pays d'Asie du Sud. Il est situé dans l'est de la chaîne de l'Himalaya, enclavé entre l'Inde au sud, à l'est et à l'ouest et la Chine (Région autonome du Tibet) au nord, sans accès à la mer. La capitale est Thimphou. Il a une superficie de 46 500 km², à peu près équivalente à celle de la Suisse. Il est situé entre les latitudes 26° 45' 0 Nord et 28° 10' 0 Nord et entre les longitudes 88° 45' 0 Est et 92° 10' 0 Est. Il mesure environ 300 kilomètres dans sa plus grande longueur Est-Ouest, et seulement 170 kilomètres dans le sens Nord-Sud. Il possède 1 075 kilomètres de frontières terrestres avec ses voisins : Chine 470 km, Inde 605 km. Le nom local du pays, Brug-yul (souvent transcrit Druk Yul), signifie la « terre du dragon ». Il est aussi nommé Druk Tsendhen, « terre du dragon tonnerre », le son du tonnerre étant interprété comme les grognements de dragons.
Merci Wikipedia et surtout, merci à l’inventeur du copier-coller sans qui je n’aurai pas réussi mes études. Si je vous parle du Bhoutan, c’est sûrement pas pour que vous soyez capable de le placer sur une carte. Vous avez bien trop à faire pour l’instant avec les pays d’Europe. Non, si je parle du Bhoutan, dont je n ‘ai appris l’existence qu’il y a quelques mois au cours d’une partie endiablée de « Saviez-vous que … », c’est que ce pays méconnus est à l’origine du BNB.
Kesako le BNB ?
L'une des particularités du Bhoutan est sa poursuite du bonheur à travers l'amélioration de son BNB, pour bonheur national brut. Là où la majorité des gouvernements se basent sur la valeur du produit national brut (PNB) pour mesurer le niveau de richesse des citoyens, le Bhoutan y a substitué le BNB pour mesurer le niveau de bonheur de ses habitants. Cet indice se base sur quatre facteurs :
- la croissance et le développement économique ;
- la conservation et la promotion de la culture bhoutanaise ;
- la sauvegarde de l'environnement et la promotion du développement durable ;
- la bonne gouvernance responsable.
Instauré en 1972, le BNB a petit à petit fait son chemin dans la communauté internationale. Ainsi, une rencontre internationale sur la définition de la prospérité a eu lieu à l'Université Saint-François-Xavier, au Canada. Sur les 400 personnes venant de plus de dix pays différents, plus d'une trentaine étaient bhoutanaises, comptant parmi eux des enseignants, des moines et des responsables politiques.
Parmi les décisions les plus spectaculaires, on peut citer l'interdiction de fumer.
Le 17 décembre 2005, le roi du Bhoutan a annoncé que le royaume se transformerait en une démocratie parlementaire en 2008 et qu'il abdiquerait à cette date en faveur du prince héritier Dasho Jigme Khesar Namgyal Wangchuck, son fils aîné âgé de vingt-cinq ans en 2005. Le projet de Constitution, en préparation depuis 2001, prévoit la création d'un Parlement bicaméral, composé d'une Assemblée nationale de 75 membres et d'un Conseil national de 25 membres. Le chef de l'État serait le roi, mais il pourrait être destitué par un vote réunissant les voix des deux-tiers des membres du Parlement.
Etonnant, non ?
P.s : Encore merci Wikipedia qui m’a permis de pondre cet article en deux coups de cueillere à pot.
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01.01.2007
« Selamat Tahun Baru », comme dirait l’autre
Happy New Year ! Selamat Tahun Baru ! Puthandu Valthukkal !
Meilleurs vœux, Bonne santé et tout le saint frusquin habituel … bref, que 2007 soit mieux que 2006 et moins bien que 2008.
En ce début d’année (j’aime bien les discours solennel), je tiens à rassurer et remercier vivement toutes les personnes qui se sont inquiétées pour moi : je vais bien !
J’ai valeureusement et brillamment survécu à :
- Un séjour de 3 semaines en Malaisie dans la clandestinité la plus complète
- Un crash d’avion en Indonésie
- Des inondations dans le sud de la Malaisie
- Des attentats en Thaïlande
- Des typhons meurtriers sur Bornéo et les Philippines
- Un tremblement de terre au sud de Taiwan (qui a bloqué Internet en Asie pendant quelques jours)
- Tout un gros paquet de tremblements de terre, tsunamis (il fut un temps ou j’aurai gagné des points en plaçant « tsunami » dans une dissert…) ou autre éruption volcanique en Indonésie.
- Et surtout, last but not least, la sempiternelle grippe aviaire qui ne m’empêche pas de me goinfrer de nasi goreng ayam (traduisez riz frit au poulet) qui a, soit dit en passant, plus de chance de me boucher les artères, me coller un diabète ou encore tacher ma chemise de façon irrémédiable, que de me coller la grippe.
A l’exception du séjour clandestin (je me suis retrouvé sans visa en Malaisie, ce qui aurait pu me valoir quelques jours au trou si je m’étais retrouvé dans la même situation que François) et de la dernière menace (je continue à défier la grande faucheuse en mangeant du poulet), j’ai appris tout ça comme vous, bien au chaud dans mes tongs, par la presse, la télé, le bouche à oreille et Google Actualités® que je parcours à l’occasion de mes très nombreux moments perdus. Ceci étant dit, j’suis bien content de savoir que je compte suffisamment aux yeux de certains d’entre vous pour que, malgré l’absence et la distance, vous continuiez de vous inquiéter et de penser à moi. Ça me va droit au cœur.
Pour les nouvelles fraîchement pressées, je rentre tout juste de quelques jours de tribulations entre la Malaisie et la Thaïlande. Avec quelques amis, j’ai enchaîné avion, bus, voiture et bateau pour aller passer le réveillon en maillot de bain sur une plage de sable blanc, les pieds dans l’eau cristalline, une Singha à la main, sur une petite île du sud de la Thaïlande. C’est une des rares (dernières ?) îles de cette région qui soit encore (presque) authentique.
En écrivant cette note, je me suis retrouvé face à un gros dilemme. Au début, je me suis dit que j’allais garder le nom de cette île pour moi afin de limiter tant bien que mal sa transformation en Koh Phi Phi (bis). Je sais bien que vous n’êtes pas comme ces touristes arrogants, qui salissent tout ce qu’ils visitent et qui pensent voyager en jouant les homards sur les plages de Phuket. Je sais bien que vous êtes de respectueux voyageurs et je vous fais confiance, mais vous n’êtes malheureusement pas les seuls à lire ces lignes, Mais comme cette transformation est inévitable, j’ai envie de vous dire : Dépêchez-vous ! Allez vite y faire un tour sur Koh Lipe (oups, ça m’a échappé) avant qu’il ne soit trop tard !
Bref, tout ça pour dire qu’un nouvel an sous les tropiques, c’est assez déconcertant, mais bon … on va pas se plaindre !
p.s : n’oubliez pas ce vieux conseil australien : « Take nothing but pictures, leave nothing but footprints »
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25.12.2006
Xmas Blues
Noël, ça se fête famille. La mienne étant à 11 000 km, je vais devoir déroger à la règle. Ceci dit, si vous retirez à Noël la neige, les sapins et toutes connotations culturelles ou religieuses, il ne reste plus qu’une vaste mascarade commerciale dénuée de symbolique et sans intérêt. Un peu comme Halloween en France, Noël en Malaisie, c’est pas vraiment Noël. Depuis quelques semaines, les centres commerciaux vomissent leurs décibels de chant de Noël grotesques. Les sapins synthétiques fleurissent (ou pas) un peu partout, dans l’indifférence générale des malaysiens. Peuple fier, ils résistent encore et toujours au matraquage publicitaire cherchant à promouvoir l’invasion d’une fête qui n’est pas la leur. Ils ont déjà tellement de fête au long de l’année qu’il n’est pas nécessaire d’en rajouter.
Bien que fiers et ombrageux, les malaysiens n’en sont pas moins large d’esprit. Ils acceptent toutes les cultures. C’est ainsi que vendredi, l’intégralité des employés, dont je ne connais qu’une moitié, a défilé devant mon bureau pour me souhaiter un joyeux Noël. Je me suis dit au début qu’ils étaient contents d’avoir, pour une fois, quelqu’un à qui souhaiter ça, mais en fait, ils étaient sincèrement heureux pour moi. Et même s’ils ont largement surévalué l’importance de Noël dans ma vie, le geste était vraiment touchant. Après tout, combien d’entre vous/nous ont déjà souhaité une joyeuse Aid-El-Kebir ou un joyeux Hanoukka à un collègue de bureau ? Honnêtement, la plus part du temps, on ne sait même pas quand ça tombe.
Et puis, emmètre des suppositions quant à l’obédience de quelqu’un serait, grand dieu, politiquement incorrect, voir même, répréhensible. Le christianisme est la seule religion encore considérée comme laïc en France. On peut dire joyeux Noël sans choquer personne. Les états-uniens ont poussé le politiquement correct jusqu'à se souhaiter de « happy holidays », comme ça, pas d’erreur possible. Les québécois se souhaiteraient de « joyeuses vacances » mais heureusement, ils sont pas aussi barges !
Mais revenons à nos bonhommes de neige. Il était hors de question de fêter Noël dans un bar ou dans une boite de nuit. D’une part parce que j’aime pas les boites, d’autres part parce que ça aurait fait de la peine à ma Maman. Et j’aime pas lui faire la peine. Alors, en bon fils, j’ai mis mon habit du dimanche, je me suis coiffé avec la raie sur le coté et je me suis rendu chez des amis où nous avons partagé un excellent repas. Nous étions une dizaine d’orphelin géographique. La maîtresse de maison s’était donnée beaucoup de mal pour que Noël soit présent jusque dans les moindres détails : un sapin illuminé, une table joliment décoré, du rouge, du blanc, du vert foncé et des paillettes dorées. De quoi en oublier les 35°C à l’extérieur ! Nous avons même eu droit à du foie gras, de la dinde, du saumon. Un repas de fête dans toute sa splendeur.
Le 25 au matin, quelle fut ma surprise de trouver des cadeaux dans mes souliers ! Je n’ai pourtant pas de cheminée. Peut-être est-il passé par la fenêtre ? Quoi qu’il en soit, le gros monsieur en rouge m’avait déposé deux paquets. Dans le premier, des photos/posters de la place du Cap’, des les quai de la Daurade et du Pic du Midi de Bigorre (avé l’accent). Dans le second, le Best Of de Nougaro (avé l’accent aussi). En fait, la surprise, c'était pas vraiment les paquets cadeaux mais plutôt (Mickey ?) ce qu'il y avait à l'intérieur. Mister Coca-Cola les avait cachés dans ma valise lors de mon re-départ en Malaisie avec interdiction de les ouvrir avant le jour J. Une petite piqûre de rappel, bourrée de nostalgie et qui me rappelle que ... et bien que je suis pas chez moi pour Noël.
Y a pas à dire, les parents savent toujours comment nous faire culpabiliser !
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20.12.2006
Samaritain des temps modernes
Ce n’est un secret pour personne, la prostitution est omniprésente en Asie.
Cela fait partie de la culture et c’est un sujet beaucoup moins tabou qu’en occident. Une épouse acceptera plus facilement que son mari aille rendre visite à ces dames du monde plutôt qu’il ait une maîtresse. Tant qu’il n’y a pas de sentiments, l’honneur est sauf.
Si les asiatiques y voient un moyen de satisfaire leurs pulsions sans déshonorer leur famille, certains touristes et beaucoup d’expatriés y voient un bon moyen pour voyager à bas prix. Des gens du monde entier se croisent sur les trottoirs ou dans les bars de Jalan Ramlee, la rue du célèbre « Beach Club ». Malaisie, Thaïlande, Indonésie, Philippique, Chine, Cambodge, Vietnam, Myanmar pour les filles ; Europe, Amérique pour les hommes : aucun pays n’est oublié ! On pourrait presque penser à un rassemblement de l’ONU. Même la police est là pour jouer les services d’ordre. Grassement arrosés par les patrons des bars de la rue, ils ferment les yeux et touchent avec les mains.
Seulement, de temps en temps, il arrive que ce soit les bars eux-mêmes qui demande une rafle à la police lorsque les consommateurs commencent à tordre du nez devant une marchandise périmé. Il est temps de changer la collection avant qu’ils n’aillent voir ailleurs. On embarque tout ce beau monde. De nouvelles recrues arriveront d’elles-mêmes.
Les filles sont relâchées en échange d’argent, d’un coffret de parfum ou d’un téléphone portable d’occasion. Ici, tout s’achète, surtout la liberté.
Si elles exercent le plus vieux métiers du monde, c’est parce que c’est un moyen rapide de gagner de l’argent. Elles ne sont pas vraiment professionnelles, plutôt free-lance. Lorsqu’une famille est dans le besoin, il faut que quelqu’un se sacrifie. Après 2 ou 3 mois à Kuala Lumpur, à loger à 10 dans une chambre d’hôtel miteuse ou chez le client, à se saouler pour avoir le courage d’aller enivrer quelques hommes, elles retournent chez elles et l’argent récolté permettra au père d’acheter un champ, une échoppe, un restaurant…
Jean habite en Malaisie depuis plusieurs années. Français déraciné, il s’est lui aussi adapté à la culture. Il se dévoue de temps à autre, pour la bonne cause, en tout bien, tout honneur et dans le respect de la personne humaine, comme on dit. Il ne traîne pas dans les bars. Il a juste une bonne amie, qu’il voit de temps à autre, quand le cœur lui en dit et qu’il paye content.
Mais depuis quelques jours, il y a 6 vietnamiennes chez lui.
Au gui, l’an neuf ici aussi, la police a décidé, pour d’obscures raisons, de terminer l’année par une descente sur Janlan Ramlee. Résultat, environ 160 filles en prison. La nouveauté, c’est qu’ils organisent aussi des descentes dans les hôtels. Du coup, les rescapées de la première rafle ne savent plus où aller. Le peu d’argent qu’elles ont servant à monnayer la libération de leurs consœurs, elles n’ont même pas de quoi rentrer acheter un billet d’avion pour repartir. Pourtant, ce ne sont pas des criminelles. Elles sont nées femmes dans le mauvais pays, c’est tout. Cette fois-ci, les rafles durent un peu plus longtemps que d’habitude, alors Jean héberge gracieusement quelques-unes de ces Marie-Madeleine, en attendant de trouver mieux. Gracieusement car il n’est payé ni en espèces, ni en nature et ce malgré les propositions insistantes des locataires qui tiennent à le remercier pour sa gentillesse. Les bons samaritains n’existent pas que dans les films.
Heureusement, les patrons des bars de Jalan Ramlee vont trouver un arrangement pour que tout le monde puisse fêter le nouvel an dans la joie et la bonne humeur. Le manque de filles, c’est mauvais pour les affaires. D’ici quelques semaines, les six sous-locatrices se retrouveront accoudées aux bars, essayant de rattraper le temps perdu.
Joyeux Noël à tous.
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15.12.2006
Esprit, es-tu là ?
Il ne faut pas sous-estimer la force du coté obscur !
Sur ce point, Georges Lucas et Joachim sont d’accord. Joachim est un membre de la communauté des Orang Mulu, une tribu de Sarawak, Bornéo, dont les croyances spirituelles sont partagées de manière équitable et sans aucune jalousie, entre l’église catholique apostolique et la magie noire. Il travaille aussi sur le barrage dont à propos duquel je vous ai déjà parlé si vous avez bien tout suivi.
La semaine dernière, j’ai du me rendre sur le dit-barrage. Joachim est venu me récupérer à l’aéroport pour me conduire, cahin-cahan, sur le chantier, à 4h de route. Il conduit un gros 4x4 dont les amortisseurs ont sûrement été enlevés pour des raisons esthétiques et, au lieu d’emprunter la belle route toute neuve et toute lisse dont le gouvernement vient de faire cadeaux à la province de Sarawak, il préfère prendre le chemin traditionnel. La raison est simple la nouvelle route est hantée. En fait cela se traduit par un nombre considérable et inexplicable de panne et d’accident.
Evidement, de tels propos me turlupinent. Je lui pose quelques questions pour en savoir plus. Il se trouve que les fantômes sont assez puissants sur Bornéo. Il m’explique que le mois dernier, juste en bas du barrage, deux quidams péchant dans la rivière Balui se seraient fait happer par des esprits affamés pour être engloutis dans les remous boueux du cours d’eau. En gros, ils se seraient noyé. Afin d’éviter d’autre accident de ce genre, qui font désordre sur le bureau de l’entrepreneur, un employé de la Commission Hygiène et Sécurité est allé poser un grillage autour du lieu du drame, interdisant ainsi l’accès aux éventuels pêcheurs. Le lendemain, les fantômes courroucés lui faisaient avoir un accident mortel sur la route entre le barrage et Bintulu, faisant de lui un des leurs.
Coïncidences ? On ne plaisante pas avec ces choses là.
La voiture de Joachim n’étant pas non plus équipée de ceintures de sécurité, l’histoire du fantôme qui te fait avoir des accidents de la route me plait moyen. D’autant plus qu’il est bientôt minuit. Heureusement, qui dit fantômes, dit sorciers, chamans ou vaudous aux pouvoirs surnaturels et discutables. Je me permets de demander à Joachim s’il n’a pas l’adresse d’un marabout qui pourrait m’approvisionner en amulettes anti-accident. Les « black magic men » ne sont pas forcement des mauvais bougres. Il faut juste éviter leur chercher de noises. Quand ils sont sympas, ils font même des potions qui attirent les nanas. Joachim m’explique qu’il y a cependant un petit bémol : la magie noire n’opère que sur ceux qui ont été élevé au sein maternel.
Afin de conserver un tant soit peu de vie privée, je m’abstiendrai de révéler si je suis éligible pour de telles pratiques, mais sachez que je compte bien aller me faire prescrire un gri-gri protecteur, à prendre deux fois par jour entre les repas. Comme disent les marins : « je suis pas superstitieux … mais on sait jamais. »
Bornéo est une île étrange, hébergeant, en plus des fantômes et autres esprits farceurs, un nombre hallucinant d’espèces animales et végétales mystérieuses, pour la plus part endémique. J’ai eu tout le loisir de m’en apercevoir en empruntant de nuit la route pour aller au barrage. Nous avons croisé des animaux dont je n’ai pas encore trouvé le nom, comme un hybride castor-porc épic. Un peu comme un centaure, mais en plus ridicule. Le principal problème de ces animaux, c’est qu’ils se croient chez eux, même sur la route. Comme ils ne sont pas équipés de feux de signalisations, l’inévitable se produit parfois.. Joachim a fait marche arrière pour ramasser le pauvre Manis Javanica. Bien que protégé, ce petit pangolin n'en a pas moins la chair délicate et parfumée. Il m’a dit qu’il me ferait un je-sais-plus-trop-quoi avec la peau écailleuse de la bestiole.
Pourvu que les esprits de la forêt ne nous en tiennent pas rigueurs…
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01.12.2006
La semaine prochaine, promis !
Travailler en Malaisie, c’est un peu comme étudier au collège.
On envoie un appel d’offres en demandant explicitement une réponse avant une date limite. Le jour dit, tout le monde répond … pour dire qu’ils remettront leur devoir, pardon, leur offre, un peu en retard. Il demande un petit délai supplémentaire.
Oh, bien sur, ce n’est pas leur faute. C’est celle du fournisseur qui n’a pas encore renvoyé les nouveaux tarifs pour les matériaux, c’est celle de l’ordinateur qui a planté, celle du téléphone qui est en panne, celle du chien de la voisine qui a mangé le dossier …
Alors il faut rappeler, insister, prier les fournisseurs de bien vouloir avoir l’aimable obligeance et l’immense magnanimité de bien vouloir envoyer leur réponse…
Dans le même registre, j’ai cru comprendre en que dans les pays occidentaux, le sous-traitant était taillable et corvéable à merci (des bruits qui courent). Ici, il se permet d’arriver avec 2h de retard à un rendez-vous. Et là où le sous-traitant occidental se confondrait en excuses, le malaisien s’en contre-fout royalement et ne prend même pas la peine de mentionner son retard, vous laissant le soin d’entamer la discussion :
- « Nous avions rendez-vous a 9h, me semble t’il »
- « Je croyais que c’était à 10h »
- « Je vous ai envoyé un mail et je vous ai téléphoné hier pour re-confirmer »
- « J’ai confondu, je pensais que c’était à 10h »
- « ….mais, mais … il est 11h ! »
- « C’est à cause des bouchons … »
J’abandonne. Pourtant je m’y connais en mauvaise foi. J’ai même terminé 3ème au championnat du monde de mauvaise foi, à Edinburgh en 2004. Mais là, c’est hors concours. Il suffit de passer une semaine à KL pour comprendre qu’il y a toujours des bouchons. 24h/24, 7j/7. Tout le monde sait qu’il faut prendre de bonne grosse marge, alors le coup du malaisien qui s’est laissé surprendre par un bouchon impromptu, désolé mais j’prends pas !
Enfin, j’aimerai terminer sur une curiosité physique, tout droit sortie des bouquins sur la relativité de ce cher Einstein : un malaisien arrive toujours « dans 10 minutes ». Et ça ne rate jamais !
Je pense que mes propos manque de clarté alors je m’en vais vous les illustrer par un exemple choisi au hasard : lundi matin, l’empereur, sa femme et le p’tit prince avaient rendez-vous chez un sous-traitant. Le lieu de rendez-vous étant assez loin et dans une zone industrielle dans laquelle une chatte aurait du mal à retrouver ses petits, ils firent appel à l’un des chauffeurs de taxi avec lequel ils ont l’habitude de se déplacer. Au moins, ils seront conduits sans détours jusqu’au lieu de rendez-vous. Il fut convenu la veille que le chausseur passât les prendre en bas de l’immeuble à 8h. A 8h15, personne ! L’empereur appelle. Le chauffeur est pris dans les embouteillages. Je me permets rappeler, à ce stade de la narration, que les chauffeurs de taxi sont par définition ceux qui ont la plus grande expérience du trafic urbain. Passons. Le brave chauffeur répond qu’il arrive « dans 10 minutes ». L’empereur, sa femme et le p’tit prince ayant prévu large pour être à l’heure, sont encore dans les temps. Au bout de 15 minutes, toujours rien. L’empereur rappelle. « J’arrive dans 10 minutes » lui répond plein d’assurance l’effronté. L’empereur, bonne poire, acquiesce en lui précisant cependant de faire fissa.
J’abrége. Ce petit jeu dure une bonne heure. A la fin, le taxi finit par arriver et le chauffeur se fait aussitôt étrangler par l’empereur fou de rage.
Dans la culture asiatique, commettre une erreur équivaut à perdre la face, ça qui est pire que la mort, alors les gens préfèrent vous entretenir dans l’idée qu’ils vont arriver dans peu de temps, 10 minutes pour être précis, plutôt que d’admettre qu’ils sont grave à la bourre. Pourquoi 10 et pas 15 ? J’en ai fichtrement aucune idée. Ce qui est amusant (sic) c’est que cela vaut pour les taxis comme pour toutes les personnes avec qui vous pouvez avoir rendez-vous.
En fait, la plus grosse partie de mon travail n’a pas grand chose à voir avec l’ingénierie. Cela consiste le plus souvent jongler entre diplomatie, fermeté et patience (je crois que j’étais absent le jour où on a distribué ces qualités) pour arriver à respecter des délais utopiques, tout ça sans s’énerver et sans perdre, ni faire perdre, la face !
Je vous parlerai un peu de cette question de face dans une note que je compte publier « dans 10 minutes »
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15.11.2006
Simple comme bonjour
Ca y est papa, je suis un homme !
A 25 ans, il serait temps me direz-vous. Vous n’avez pas tord. Je ne fais cependant pas référence à une quelconque puberté tardive. Non, aujourd’hui je suis un homme car je viens d’avoir mes premières cartes de visites à mon nom !
En Malaisie – et plus généralement, en Asie – la carte de visite est l’accessoire indispensable qui vous permet de distinguer l’homme de l’animal. Si vous n’en avez pas, c’est que vous ne travaillez pas et donc, soit vous êtes un clochard ivrogne incapable de trouver un travail, soit vous êtes un fainéant qui refuse tout type d’activité. Dans les cas vous n’êtes pas digne d’intérêt. CQFD !
Autant vous dire que jusque là, les gens me regardaient bizarrement ! Il m’arrivait de mentir, prétextant que je les avais oubliées ou, mieux, que j’avais épuisé tout mon stock ; ce dernier mensonge ayant l’avantage d’enfoncer mon interlocuteur en le laissant supposer que j’étais quelqu’un de très important, rencontrant beaucoup de monde et que lui n’aurait pas la chance de voir figurer mon nom dans son agenda. Je sais, c’est mesquin, mais c’est l’Asie !
Les Asiatiques distribuent leurs cartes de visite comme un pion aigri des heures de colles. L’échange précède – ou remplace – la poignée de main. Mais attention, vous qui êtes habitué à la mode européenne, n’allez pas croire que ce soit aussi simple que chez nous où l’échange se s’effectue rapidement et sans cérémonies. Distribuer des cartes de visites, c’est tout un art.
Attention, la séquence qui va suivre demande un effort de visualisation :
L’échange se décompose en trois étapes
Première étape. Position de départ : debout ; pied joint ; la carte de visite, une fois saisie dans le portefeuille, doit être tenue à deux mains. Ensuite, toujours tenue à deux mains, la carte est tendue à son interlocuteur. Le mouvement s’accompagne d’une légère inclinaison du buste et de la tête vers l’avant.
Jusque là tout paraît simple. Malheureusement, la personne effectue le même enchaînement au même moment. Chacun se retrouve donc le buste incliné, la carte tendue à deux mains. Comment saisir la carte de l’autre dans ces conditions ?
Deuxième étape. Les deux adversaires se retrouvent figées dans la position dite du Majordome, essayant de saisir la carte de l’autre sans qu’aucune main ne se libère de sa prise initiale. Cela peut s’apparenter à un combat de pouce en moins sanguinaire.
Troisième étape. Une fois les cartes échangées, les bustes se redressent lentement. Le regard se pose alors sur le trophée durement gagné. La coutume veut que l’on passe quelques instant à étudier la carte et que l’on pose quelques questions sur l’entreprise ou la fonction qu’y occupe par le propriétaire de la carte. Il est bon d’avoir en tête un panel de questions « passe-partout » que l’on pose machinalement sans vraiment écouter la réponse.
Cet échange peut s’avérer encore plus délicat quand, surpris par la vivacité des réflexes de votre adversaire vous dégainez votre portefeuille en retard. Pris de panique, vous conservez votre portefeuille dans la main au lieu de le remettre dans la poche arrière de votre pantalon, tout ça afin de rattraper vos quelques secondes de retard. Dans ce cas précis, il est conseillé de placer le portefeuille sous la carte et de s’en servir comme d’un mini plateau. Cela passe davantage inaperçus et permet aux deux partis de conserver la face.
Une carte tombée à terre lors de l’échange met immédiatement et définitivement un terme aux relations diplomatiques entre les deux partis.
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24.10.2006
Happy Deepavali & Selamat Hari Raya Aidilfitri
Afin de satisfaire une partie très ciblée, mais aussi très influente, de mon lectorat, je vais tenter de parfumer ce carnet de bord en mettant de vrais morceaux de culture à l’intérieur…
Octobre en Malaisie.
Ce qu’il y a de bien lorsqu’on vit dans un pays pluri-ethnique et par conséquent pluri-dogmatique c’est qu’il y a toujours quelque chose à célébrer. Et qui dit célébration, dit jours fériés : ça vaut l’coût de croire en Dieu ! En ce moment, c’est Deepavali pour les Hindous et Hari Raya pour les Malais.
Deepavali, qui signifie « rangée de lumières » en Sanskrit, est le nouvel an Hindou, qui a lieu le dernier jour du calendrier de Vikram, contrairement à notre nouvel an qui a lieu le dernier jour du calendrier des PTT. Cette célébration symbolise le renouvellement de la vie, et en conséquence il est commun de porter de nouveaux vêtements le jour du festival. A l’époque où confectionner des vêtements était long et onéreux, les hindous profitaient de cet évènement pour renouveler leur garde-robe. Il existe deux légendes associées à l’origine de Deepavali. Selon la première, les dipavalivas ont fêté le retour du Rama, roi de Ayodhya, de sa femme Sita et de son frère Lakshmana à Koshala après une guerre au cours de laquelle il tua le démon Ravana. Le jour tombant, les gens dont il croisa le chemin allumèrent des lampes pour illuminer leur chemin. La seconde fait de Deepavali la commémoration de la mort de Narakasura, un mauvais démon tué par Kishna. Deepavali est donc un festival symbolisant la destruction des forces du mal.
Hari Raya marque la fin du Ramadan, le moment le plus important de l’année dans la religion musulmane. Inutile de vous faire un cours là-dessus. La Malaisie est un pays principalement musulman. Pour ceux qui se posent la question, il semble que l’islam ait été introduit en Indonésie, tout d'abord sur l’île de Sumatra, en l’an 1300 et des bananes, par des marchands indiens. Il s’est ensuite répandu dans les autres îles de l’archipel indonésien et à franchi le détroit de Malacca pour se propager en Malaisie. Pendant le ramadan les musulmans ne mangent qu’entre le crépuscule et l’aurore. Dès le coucher du soleil, les rues sont envahies d’étales vendant toutes sortes de nourriture, halal bien évidement. Tout le monde se retrouve pour célébrer la fin de la journée et partager un copieux repas. C'est un moment très joyeux, durant lequel tout le pays semble être en effervescence. Vers la fin du ramadan, le pays semble tourner au ralenti. Je ne sais pas si c’est dû à la fatigue du jeun ou l’ambiance fébrile, comparable à celle de Noël chez nous, mais tout le monde semble se désintéresser de son boulot. Et au fur et à mesure qu’on approche du jour fatidique, c’est de pire en pire : plus personne ne répond au téléphone, impossible de fixer un rendez-vous, les livraisons sont arrêtées … c’est l’bordel ! Un gentil bordel, du genre nonchalant, un peu créole, mais un bordel quand même.
Il y a plusieurs moment dans l’année où l’économie se fige. Cela se produit également au moment du nouvel an chinois. N’étant pas basée sur notre calendrier, la date change tous les ans. L’année prochaine, ça sera en février.
Dans un pays qui met un point d’honneur à célébrer tous les évènements marquant de chaque culture et de chaque religion, en accordant à chaque fois des jours fériés, c’est un miracle d’arriver à maintenir une illusion d’économie. Ceci dit, toutes réflexions libérales mises à part, ça me fait toujours chaud au cœur de voir toutes ces communautés, si différentes, vivre ensemble dans le respect, la joie et la bonne humeur. Quelques personnes m’ont timidement avoué que cette harmonie n’est que poudre aux yeux. Ça se passe bien car ils n’ont pas le choix : si ça se passe mal, on leur coupe la tête !
J’espère qu’ils plaisantent…
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15.10.2006
Octobre: Retour au Pays
Bien que profondément toulousain – pardon français – dans mon âme et dans mon cœur ce pays sera le mien pour les 18 prochains mois. Je vais manger malaisien, vivre malaisien, dormir malaisien … bref, être malaisien !
Je vous ai suffisamment présenté la Malaisie durant les 6 derniers mois, vous ne m’en voudrez donc pas trop si je nous épargne les commentaires habituels : c’est beau, c’est chaud, c’est … enough already, comme disent les malais (mais avec l’accent) !
Je retrouve un cadre familier : j’ai toujours le même appartement (celui avec piscine, salle de gym, laverie … je sais, ça énerve !) et je travaille toujours au même endroit. Pas de différence notable. Ah, si, désormais, je dois tourner à gauche en sortant de l’ascenseur au lieu de tourner à droite. J’espère m’habituer à ce changement d’ici quelques semaines.
Je retrouve aussi les amis. Il y a de nouvelles têtes, quelques-unes unes ont disparus. C’est ça la vie d’expat. Les gens vont et viennent, d’un pays à l’autre. J’avais l’habitude de faire partie de ceux qui partent ; je vais devoir m’habituer à regarder partir les autres. Je voudrais en profiter pour saluer ces êtres chers qui nous ont quitté trop vite : Paul, le beau gosse de L’Oréal (parce qu’il le vaut bien) ; Arthur, le danseur fou des soirées kuala-lumpurienne, dresseur d’Orang-Outan à ses heures perdues; et bien sûr, « le p’tit », surnommé « baby boy » par ses collègues de travaille, je veux bien sure parler de Fix. Il m’arrive quelques fois de parler dans le vide, comme s’il était encore à coté de moi, un peu comme ces soldats qui ont perdu une jambe à la guerre et qui sentent pourtant des démangeaisons au niveau des orteils. Le plus dur, c’est devant « Lost » ou « 24 hours », c’est dans ces moments qu’il me manque le plus (Ndlr : Je tiens à préciser que ces gens ne sont pas morts mais juste partis ; mais partir, n’est ce pas mourir un peu ?)
Fix, désolé, c’était plus fort que moi ! Cependant, comme tu ne lis jamais ce blog, tu m’en voudras pas ! D’ailleurs, pour me rattraper, je tiens à annoncer publiquement que, pour l’avoir observé attentivement pendant 6 mois et contrairement à ce que prétend Rosa, Fix est quelqu’un de beaucoup moins méchant qu’avant. Je finirai bien par dire gentil un de ces jours mais il faut du temps.
Cette séquence « inside joke », aux airs trompeurs de lynchage public et qui n’aura intéressé/amusé qu’une poignée de personnes, étant terminée – les autres, je vous pris de bien vouloir m’excu… et puis zut, je fais ce que je veux ! – j’en reviens à mes moutons.
Je disais donc, me revoici en Malaisie pour raison professionnelle. Maintenant, je travaille. Fini les petites conneries de stagiaire, maintenant, c’est pour de vrai. On arrête de rigoler et faire du charme à la secrétaire. C’est triste mais c’est comme ça. Et puis, je ne devrai pas trop ma plaindre : je suis dans un pays sympa, pour faire un boulot sympa, avec une équipe sympa … tout est sympa ! En plus, je travaille à mi-temps, seulement 12h par jour… c’est pas beau ça ?
Je peux me vanter de faire partie du club très select des employés qui ont une carte d’accès 24h/24, 7J/7. Je tiens à remercier mon supérieur pour l’honneur qu’il me fait. Pour fêter ça – et aussi pour la frime – je suis même venu bosser dimanche ! Ici, le jour du seigneur, c’est plutôt le vendredi, donc ça compte pas vraiment ! Enfin, un peu quand même …
Au fait, quand je reviendrai en France, vous aurez sûrement grandit, grossit, vieillit … alors pour que je puisse vous reconnaître, envoyez-moi des quelques photos de temps en temps, ou mieux : Venez prendre un verre à la maison !
Nota : La photo ci-dessus vous est présentée avec l’aimable autorisation de Guilhem. Vous pouvez voir d’autres de ses photos en cliquant ici !!!
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30.09.2006
Septembre: Retour au Pays

Et voila, pratiquement 1 an jours pour jours après mon départ pour Montréal et après avoir parcouru :
- 56 650 km en avion (en considérant que les pilotes n’étaient pas bourrés)
- 7 600 km en bus (à vol d’oiseau)
- 2 500 km en stop (sans compter les heures passées sur le bord de la route)
- 700 km en bateau de tout genre (par mer calme)
- ??? km à pied (ça use les souliers)
Tout ça à travers une dizaine de pays avec leurs douaniers si aimables, leurs langues si chantantes, leurs cuisines si colorées, leurs filles si accueillantes (pardon, Maman …), leurs paysages si éclectiques, leurs monnaies si monopoly, dans des températures allant de –30 ºC a + 45 ºC, sur une douzaine de fuseaux horaires, deux hémisphères et une soixantaine de parallèles …
Je rentre enfin en Terre Sainte, heureux qui comme Ulysse a fait un beau voyage […] et puis a retrouvé, après maintes traversées, le pays des vertes allées …
Ô mon "pays", Ô Toulouse !
A moi fromage, magret grillé, vin rouge et pain frais …
A peine le temps d’embrasser le sol, je rejoins mes vieux amis dont un a l’idée saugrenue de se marier pour fêter mon retour (Si ça c’est pas la preuve de mon égocentrisme, qu’est ce qu’il vous faut ?). Je troc mes tongs contre une paire de mocassins trop petits, mon short de bain contre un costume et mon tee-shirt contre une cravate … le changement n’est pas des plus évident ! Soirée fabuleuse, mariée splendide, mariés heureux … de l’émotion, du rire, des larmes et quelques gouttes d’armagnac ; tous les ingrédients d’un mariage réussi étaient là !
Je passe rapidement sur le reste du mois de septembre :
-Paris pour voir quelques amis, faire la fête et surtout passer un entretien d’embauche ;
-Marseille pour en finir avec ces études commencées il y a, fioute, une sacré lurette et surtout passer embrasser ma grand-mère, que je n’ai pas vu depuis trop longtemps ;
-Toulouse pour parler de mes voyages à mon papa et me faire dorloter un peu par ma p’tite maman ainsi que mes innombrables - mais néanmoins inestimables – sœurs adorées ;
-Comigne pour embrasser mes grands-parents et faire une cure de produit du terroir ;
-Bruxelles pour rendre visite à Caroline (l’innombrable nº1) et voir un peu dans quel cadre elle évolue – n’est ce pas normal pour un grand frère que de vouloir s’assurer qu’il n’y pas trop de garçons qui tournent autour de ses sœurs ? Non mais !
-Re-Paris ;
-Re-Toulouse ;
-Re-Kuala Lumpur …
Et oui, après ce très agréable mais indéniablement trop court séjour, je repars en Malaisie, cette fois-ci pour 18 mois. En gros, sans rentrer dans les détails, je vais faire un barrage a Bornéo. La class !!! Comme quand petit je jouais dans les torrents, mais en un peu plus gros. Je vous ai déjà montré des photos… regardez plus bas.
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30.08.2006
Fin Aout: Bangkok & Phnom Penh
Bangkok.
Une ville au nom magique, synonyme de lointain. Mystérieuse, Etrange, Inquiétante, Dépravée ; on raconte tant d’histoire sur Bangkok qu’il semble que cette ville soit sortie d’un conte, d’une légende ou de l’imagination d’un marin ivre. Mais elle existe pour de vrai, grouillante et vivante. Et pour la plupart des voyageurs, Bangkok commence à Kao San Road. Alex Garland écrit dans son roman « The Beach » (qui fut adapté ensuite au cinéma) que Kao San Road est un sas de décompression pour tous ceux qui entrent ou sortent de l’Asie en direction de l’Occident. C’est surtout la rue la plus occidental de Thaïlande, où déambule touristes à la recherche d’aventure ou de sensation forte et routards ayant un peu trop abusé des « sensations fortes » asiatiques. Ici, tout s’achète et tout se vend, du costume sur mesure au sac à dos usagé, de la contrefaçon en tout genre aux scorpions grillés, du billet de bus aux souvenirs de plus ou moins bon goût … Absolument tout ! Et les Thaïs l’ont bien compris. Un touriste fraîchement débarqué se repère à des kilomètres. Un peu comme dans les reportages du National Géographique sur les lions et les gazelles ! Bon, il ne se fait pas dévoré vivant mais à vite fait de faire « l’affaire de sa vie » en achetant des bricole qui vont l’encombrer pendant le reste de son voyage et qu’il aurait payé 3 ou 4 fois moins cher ailleurs ! C’est pas pour rien que le tourisme est la première ressource économique du pays. L’avantage, c’est que ce quartier regorge de guest-houses pas chères, pas toujours très propres, mais à proximité de nombreux palais et autres lieux culturels inévitables : le Wat Phra Keo, le Wat Poh, you name it …
Peut-être est-ce parce que je suis en Asie depuis 6 mois et que, pour moi, cela fait maintenant partie du décor, mais je m’attendais à ce que la prostitution soit beaucoup plus présente. En fait, c’est comme dans toutes les autres villes. Le quartier de Pat Pong est pratiquement à lui seul responsable de cette réputation : deux rues entièrement dédiées au sexe, sous toutes ses formes, avec des spectacles dont je ne révélerai– ce blog étant destiné à large public – ni la nature, ni le contenue ; mais dont l’originalité des thèmes traités et de la mise en scène laisse perplexe. Molière aurait sûrement apprécié. Bref, ce kilomètre carré de débauche occulte (sans jeux de mots) aux yeux du monde le reste de la ville : une ville avec ses quartiers d’affaires, ses parcs, ses rues bordées d’arbres, ses bus et métros … une ville, quoi !
Après quelques jours, je quitte Bangkok pour me rendre au Cambodge, à Phnom Penh. C’est de loin la ville qui m’a le plus marqué en Asie, peut-être parce que c’est la plus authentique, ou peut-être parce que les cambodgiens ont, derrière leur sourires énigmatique, un coté fascinant. Avant de partir, je me faisais une certaine image de l’Asie, inspirée par des reportages ou des lectures. Je n’ai jamais été au bout de mes surprises et tous mes voyages ne m’ont jamais laissé sur ma faim, mais c’est au Cambodge que j’ai trouvé l’Asie dont je rêvais.
Je débarque donc pour la deuxième fois à Phnom Penh. L’expérience aidant, je n’ai aucun mal à trouver un motodop pour me conduire jusqu’en centre ville sans me faire payer le prix fort. Je vais même jusqu'à lui indiquer la route pour arriver chez Raphaëlle (voir : Semaine 5&6 … plus bas !).
En fait, les motodops remplacent les taxis. Ils sont des milliers en ville et il ne faut jamais plus de quelques secondes pour en trouver un. Parfois, souvent même, ce sont eux qui vous trouvent. Ceux qui attendent à la sortie de l’aéroport ou devant les beaux hôtels parlent un peu anglais, mais ce sont les seuls ! La plupart d’entre eux vous embarquent en vous laissant supposer qu’ils ont compris votre destination et roule paisiblement au milieux d’un torrent de mobylette, sans direction précise, espérant que vous leur indiquerez, par des gestes, le chemin à suivre. Si on est pas au courant, on peut vite se retrouver à faire 3 fois le tour de la ville avant de réaliser qu’on est aussi perdu que le sympathique chauffeur. Bien sûr, ils n’ont pas de compteur, le prix de la course est donc laissé à votre libre appréciation, ce qui donne presque tout le temps lieux à de ferme négociation à l’arrivée. Cela reste de toute façon plus qu’abordable par rapport aux standards occidentaux !
Je retrouve Raphaëlle à l’ambassade pour ensuite aller déjeuner dans une guesthouse du quartier ; après quoi je la laisse retourner au service de la France tandis que je pars me balader sur les berges du Tonlé Sap. J’en profite pour me joindre à quelques khmers pour une partie de pêche. Résultat décevant : tout ce que je réussi à attraper sont quelques herbes et une bouteille en plastique. C’est d’autant plus frustrant que je suis le seul à être brocouille … ce qui a au moins le mérite de faire rire mes compagnons. Je les quitte au moment où le ciel, pour un motif quelconque, décide de déverser des tonnes d’eau sur ma gueule. J’adore ces pluies tropicales qui démarrent sans prévenir et toujours de façon très brutale. En quelques minutes, les rues sont inondées. J’ai de l’eau jusqu’aux genoux et mes tongs ont une fâcheuse tendance à glisser. Heureusement, un bar au premier étage me tend les bras. J’hésite un dixième de seconde entre prendre une bière où rentrer chez Raphaëlle en dos crawlé. La couleur de l’eau est un facteur décisif. Garçon, un demi !
La semaine se passe paisiblement, ponctué de visite, ballade et soirée phnom-penhnoise … Un délicieux cocktail !
Fin de la semaine. Je prends un Tuk-Tuk sous la pluie, le cœur serré, jusqu’à l’aéroport. . « Il pleure dans mon cœur comme il pleut sur la ville » aurait si justement dit ce cher Verlaine. Je rentre en Malaisie pour 24h avant de m’envoler pour la France …
12:00 Publié dans Cambodge, Thailande | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
12.08.2006
Début Août: South Thailand
J’ai arrêté de compter …
Départ fin juillet de Kuala Lumpur. Après avoir vidé mon appart, rendu les clés, déposé mes affaires chez des copains, je parts « on the road » avec mon sac à dos. « Live together, travel alone » comme disait un backpacker autrichien que je rencontrerai plus tard et qui avait le sens de la formule. Je prends un bus jusqu’à la frontière thaïlandaise. Le douanier, apparemment de mèche avec le chauffeur du bus, essaye de m'escroquer une poignée de dollars en échange d’un visa gratuit. Qui ne tente rien n’a rien ! En l’occurrence, il n’aura rien. Le bus me dépose enfin à Hat Yaï où je prends un autre bus pour me rendre à Krabi … puis un bateau pour arriver enfin à Koh Phi Phi !
Combien d’heures ou de kilomètres ? J’en sais rien, j’ai arrêté de compter …
Koh Phi Phi, disais-je, est une île très jolie (elles le sont toutes) qui est connue pour être le lieu de tournage du film « The Beach ». Plus tristement, elle fut bien ravagée par le tsunami dont les traces sont encore visibles. Ce coin devait être paradisiaque il y a quelques années mais malheureusement, comme beaucoup d’autres endroits en Thaïlande, le tourisme de masse à tout gâché. Aujourd’hui, ça ressemble de plus en plus à « Sodom et Gomor », à Phuket ou à Ibiza : musique à fond sur la plage dès 10 am, alcool à gogo et pseudo aventuriers friqués ! Mais bon, ça vaut encore le coût d’y jeter un oeil.
Avec le sentiment d’y avoir passé trop de temps, j’embarque à bord d’un bateau pour retourner sur le continent. Plutôt une barque. Un « long tail boat » pour être précis, le bateau thaïlandais typique, appelé ainsi car l’hélice est au bout d’un arbre d’environ 3m, presque à l’horizontal derrière le bateau, ce qui lui permet de continuer à avancer même lorsque la marée est très basse (jusqu’à une certaine limite). Bref, ce taxi-boat me dépose dans 40cm d’eau (la fameuse limite) à quelques encablures de la plage de Railay. Je fini pied nu, avec mon sac à dos, marchant sur des cailloux et des morceaux contondants de coquillages … c’est beaucoup plus sympa en y repensant que ça ne le fut sur le moment ! La vie est ainsi faite !
Railay Bay est une presqu’île qui n'est accessible que par la mer. C’est aussi un spot d’escalade mondialement connu.
À première vue, Railay est assez touristique, mais pour les plus motivés, il y a une plage, au nord-ouest de la péninsule. On ne peut s'y rendre qu'à marée basse et après 20-30 min de marche sur un chemin escarpé… bref, « Ton Sai », ça se mérite. Cette plage est le paradis des grimpeurs : quelques bungalows à louer pour une poignée de Bath, 2 resto-bars très « roots », le tout dans une ambiance très « citoyen du monde ».
Après une journée à me balader d’une plage à l’autre, à essayer l’escalade en tongue (model Cool XXL) et à prendre tout plein de photos pour pouvoir vous montrez comme c’est beau, je retourne à mon bungalow avec l’intention de préparer mon sac pour un départ le lendemain. C’est endroit est jolie, mais un peu trop calme.
Assis en tailleur sur un petit matelas, concept de base du resto thailandais, une tasse de thé sur la table basse et le « Lonely Planet » dans les mains, je planifie la suite de mon voyage. Je suis presque arrivé à un consensus avec moi-même lorsque Marie rentre dans le resto et viens me proposer une partie de carte.
En fait, j’apprends qu’elle s’appelle Marie bien plus tard, mais bon, j’essaye de faire simple, de raconter au présent pour que ça soit plus vivant, mais vous vous doutez bien que je n’écris pas en direct. Par exemple, là, je suis bien installé dans une salle climatisé, alors que sur le coup, je transpirais à grosse gouttes …
Bref, Marie, américaine et prof d’anglais à Bangkok, me présente ses amis : Jaquart, un anglais qui travaille à Hong Kong et Joe, également anglais, qui s’occupe de la tournée asiatique d’un spectacle de danse (Edward Scissorhand me semble t’il ?). Ils se sont connus à Railay il y a quelques jours. On joue au carte, on discute des endroits qu’on a visité auparavant, on parle d’escalade, de montagne. Il me propose de venir grimper avec eux le lendemain. Après tout, pourquoi pas, rien ne presse, je peux décaler mon départ d’une journée.
Je resterai finalement tout une semaine dans ce petit coin de paradis.
12:00 Publié dans Thailande | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note
30.07.2006
Semaine 16: Les filles
Salut !
Ça fait longtemps !
Bon je vais essayer de vous résumer les grandes lignes de ce mois et demi d’absence…
Disons qu’on s’est un peu calmé sur les voyages ces derniers temps. Tout d’abord pour profiter de nos week-ends kualalumpurien, mais aussi pour garder des sous pour la suite… je vous en parlerez plus tard.
Et surtout, nous avons eu des visites. Des dames, principalement. Voyageraient-elles plus que les Messieurs ? J’en sais rien. Serait-ce l’effet de notre charme légendaire qui les attire ? Certainement…
Laissez- moi vous les présenter :
Marine, étudiante française émigrée à Montréal, en stage pour 2 mois à Kuala Lumpur. Je sais ce que vous vous dites ! Cette fille me suit à la trace, elle m’a dans la peau. Elle prétendra le contraire bien sûr. Et même si elle va sauter au plafond en lisant ces lignes, je m’en moque. L’avantage d’un blog, c’est que je peux y dire à peu près ce que je veux ! En tout cas, ce fut génial de la retrouver ici. Elle est venue pour faire un stage en développement durable avec une sacrée bande d’étudiant venus des quatre coins du monde. Logés dans des familles d’accueil local et sur-protectrice, ce fut très sympa de les accueillir à KL lorsqu’il faisait le mur. Et puis la finale de la coupe du monde ! Grand moment d’émotion ! Marine, encore merci pour ton rice-ccoker. Je sais vraiment pas où le foutre, mais ce cadeau me touche beaucoup. Merci pour les pancakes et le sirop d’érable. Merci pour tout et qui sait, peut-être qu’on se verra un jour en France ?
Ensuite, nous avons eu la visite de Marie-Clémence et Florence. Ces demoiselles sont passé nous voir, le temps d’une escale entre Toulouse et Kho Phi Phi. Mais qu’allaient-elles faire à Kho Phi Phi ? Travailler bien sur ! (ndlr : Kho Phi Phi est l’une des plus belles îles du sud de la Thaïlande. C’est là que se trouve la plage paradisiaque du film « The Beach »). Encore merci pour cette soirée Karaoké de folie et pour ce confortable caleçon en soie « made in Thaïlande » (Ludo, je sais que t’as le même !)
Et surtout, et enfin, last but not least, notre gerçoise internationale, qui ne part jamais de chez elle sans des tonnes de produits du terroir dans les valises. Celle qui ne sait pas voyager sans emmerdes. La seule, l’unique, j’ai nommé : Rosabelle. Après un typhon, un pilote absent, j’en passe et des meilleurs, elle est finalement arrivée à KL avec 12h de retard, manquant malheureusement la réception du 14 juillet à l’ambassade (ça pourrait faire l’objet d’un prochain article). Pendant 1 semaine, Rosa nous à créer une ambiance sud-ouest à KL en débarquant dans les bars au moment de l’apéro avec baguettes de pain et boîte de foie gras ou encore en chantant à tue-tête sur des morceaux de Cabrel en fin de soirée, un verre d’Armagnac à la main. Elle a tout essayé, du Durian au jet d’eau dans les toilettes, de l’escroc de Chinatown aux chauffeurs de taxi qui font exprès de rien comprendre.
Merci à toutes pour l’immense plaisir que vous nous avez fait en passant nous voir. Les mecs, faudrait penser à se réveiller (j’parle pas toi, Damien, j’sais que tu demande qu’à revenir !). Vous êtes tous les bienvenus et si vous avez peur de vous ennuyer, demander aux autres comment c’est !
Le temps passe beaucoup trop vite et je dois finir de vider mon appart. Je quitte temporairement KL. Je pars pour 1 mois en Thaïlande et au Cambodge mais je doute que j’aurai le temps de vous tenir au courrant. Sait-on jamais. Ensuite, retour en France et puis …
Vous verrez bien !
13:30 Publié dans Malaisie, Miscellaneous | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note
21.07.2006
Semaine 15: Brunei
Je me permets de splitter mon voyage à Bornéo en 2, pour arriver à rattraper mon retard dans la rédaction de ces petites notes. Si vous n’êtes pas content, c'est pareil.
Avouez quand même que je tiens bon. Un article par semaine (ou presque). Et je me fous pas de vous. Je paye ma page word à chaque fois (taille 12 siouplait). Je sais que ça vous occupe, le matin au boulot avec votre tasse de café. Je le vois bien sur les statistiques (gros pic de consultation a 9h). J'suis sympa, hein ?
Bref, comme je vous disais la dernière fois (je crois pas l'avoir dit mais c'est tout comme), mon boss et Sankara repartent de Miri. (prenez une carte). Ils me déposent la avec mes affaires car je vais profiter du fait que je suis sur place pour aller me balader un petit peu. Oh, pas loin … d'abord, je n'ai que 3 jours et ici, le moindre trajet prend des heures et des heures. Je choisis donc d'aller dans un pays où jamais je n'aurai pensé mettre les pieds. Ce pays, tout le monde en a entendu parler, mais personne ne sait ou il se trouve. Non pas que les français soit plus mauvais que d'autres en géographie. Il s'agit juste d'un tout petit pays. Je vous donne un indice : le sultan compte parmi les homes les plus riches du monde (je ne parle pas de Bill Gates). Vous y êtes ?
Je profite donc d'être dans le coin pour passer la frontière est aller voir à quoi ressemble Brunei.
Première constatation : c'est très différent ! À peine passe la frontière, le décor change : des maisons avec de jolis jardins et un 4x4 tout neuf. Explication : il y a des pompes a pétrole au milieu de la pelouse … c'est pas des blagues. Le pays est posé sur une grosse nappe de pétrole, le tout appartenant au Sultan évidement. Ils n'ont qu'à se baisser pour ramasser !
Après quelques heures, une frontière et cinq bus, j'arrive à Bandar Seri Bengawan. Toujours dans une soucis de rendre cette pose matinale à la fois divertissante et instructive, je m'en vais vous présenter Brunei. Avouez que sans ça, c'est bien le dernier pays sur laquel vous vous renseignerez spontanément (moi aussi … et pourtant). Negara Brunei Darussalam (de son nom de jeune fille) est a peine plus grand que l'Andorre, mais sans les montagnes, et sans l'alcool (La vente est interdite depuis 1991, c'e n’est pas la peine non plus de chercher les pubs irlandais !).
Mais que reste-il de l'Andorre si on lui supprime l'alcool et les montagnes, me direz-vous ? J'ai envie de répondre la charcuterie bien sûr … mais y en a pas non plus !
Oublions l'Andorre quelques instants (jusqu'en Septembre ... ensuite si quelqu'un veut m'accompagner pour une petite rando dans les pyrénées, qu'il me le fasse savoir).
Je disais donc, Brunei : classe 161e pour sa superficie, indépendant depuis le 1er janvier 1984, capitale Bandar Seri Bengawan, 61 hab/km2, monnaie : le dollar Brunei, monarchie absolue, nom du Sultan : Haji Hassanal Bolkiah Mu'izaddin Waddaulah.
Ce petit intermède culturel étant terminé, j'en reviens à mes moutons. J'arrive donc a BSB (pour les intimes). Première impression : c'est calme ! No traffic jam at all. Ça change de KL. Je file poser mon sac dans le seul Backpackers Lodge de la ville. Je vais partager ma chambre avec un Japonais dont j'ai pas bien saisi le nom. Il me dit qu'il vient d'Hiroshima … pourquoi pas. Je perds quelques kilos en laissant mes affaires et je retourne vers le centre ville.
Un taxi-boat (espèce de hors-bord qui pullulent sur le bras de mer) me conduit quelques centaines de mètres plus loin, aux portes d'un village flottant. Environ 10 000 personnes habitent là, dans des maisons sur pilotis (donc pas tout à fait flottantes). Des kilomètres de pontons, tels des trottoirs locaux, sinuent entre les habitations. Je vous fais part de ce détail car maman et moi avons une véritable passion commune pour les pontons. Je n'ai jamais pensé à demander une quelconque explication à un psy, mais je ne pense pas que ça soit trop grave. Un jeune étranger - à moins que ce ne soit moi l'étranger - me propose une visite guidée du village et même d'une authentique et maison traditionnelle : la sienne. La méfiance devrait m'habiter, mais je me laisse tenter (et non pas séduire). Brunei étant à la fois un pays relativement riche... et pas du tout touristique, les gens sont adorables et ne regardent pas les Mat Salleh (j'vous ait déjà expliqué, faut suivre) comme des gros paquets de dollars.
Au milieu de du village trône même une mosquée dont le muezzin se met à chanter "mon dieu, tu es grand tu es beau, dieu divin dieu très haut …" mais en arabe littéraire, c'est pour ça que ça sonne différemment. Jimy, car c'est comme ça que s'appelle mon guide intérimaire, m'explique qu'ayant passé la soirée de la veille à picoler avec des amis... et ayant l'intention de recommencer le soir même, il ne serait pas de bon ton qu'il assistasse à la prière.
Le soleil s'apprêtant à se coucher, je me dirige vers une extrémité d'un des pontons pour héler un chauffeur de taxi-boat afin de rejoindre le plancher des vaches. Après avoir nourris mon corps et mon âme avec un copieux nasi goreng, à la terrasse d'un resto en bord de mer, avec vue sur le palais illuminé et couver d'or du Sultan. J'aurai bien évidemment préféré être sur la terrasse du palais avec vu sur le resto, mais c n'est qu'une question de point de vue.
Après une petite visite de BSB by night, avec sa folle vie nocturne, ses boîtes de nuits décadentes et ses gogo-danseuses, j’ai regagné l’auberge de jeunesse pour une bonne nuit de repos. En fait, le patron m’a annoncé qu’il recevait un groupe d’étudiants en vacances et qu’il fallait donc que je dégage avant 7h.
Rien de mieux pour démarrer la journée que de se faire réveiller aux aurores par un brunéien qui , malgré toute l’estime qu’il peut vous porter, est impatient de vous regarder vous éloigner de chez lui, votre sac sur le dos.
Je repars donc, les yeux bouffits de fatigue. Une brève tentative couronnée d’échec, alors que je tente de rentrer dans le palais du Sultan. Une visite de la mosquée où j’aperçois un visage familier : Jimy ! Il bosse ici ! Après tout pourquoi pas. Un peu gêné, il n’ose pas me répondre quand je lui demande si sa soirée avec ses copains s’est bien passée …
Et puis je reprends le bus. Ou plutôt les bus, car je dois changer 5 fois pour arriver à Miri (au même endroit sur la carte). J’arrive malheureusement trop tard pour continuer mon périple vers un endroit plus accueillant. Je prends une chambre dans un hôtel pas trop loin de la gare de bus, dans le vieux Miri. Typique. L’hôtel a le mérite d’être pas cher. Et pour cause. Je m’aperçois rapidement que le tenancier, un homme bedonnant et transpirant, exerce une activité parallèle qui lui permet de mettre du beurre dans le Nasi Goreng ! Le plus vieux métier du monde comme on dit. Après qu’il ait frappé 3 fois à ma porte en moins d’une heure pour me proposer à chaque fois une fille différente (et un peu défraîchie), je décide d’aller faire un tour pour me restaurer et pourquoi pas prendre une bière dans un coin sympa. Mais la vie nocturne de Miri est assez décevante, surtout en semaine et j’ai vite fait le tour des animations touristiques. Je me vois donc obliger de retourner à ma chambre (le plus discrètement possible) où je m’enferme à triple tour (plus la chaîne, sait-on jamais).
Je fini par m’endormir, lové dans mon sac a viande, en faisant bien attention à ce qu’aucune parcelle de ma peau ne soit en contact avec les draps de l’hôtel que je soupçonne plus que douteux.
Levé de bonheur, je file à la gare des bus, en route pour Bintulu. Un voyage sans encombre. J’ai même droit à un film thaïlandais, en VO, sous-titré en malais. Un chef d’œuvre !!! Le bus me dépose en chemin, un peu avant l’arrivée car je compte bien utiliser le temps qu’il me reste pour rejoindre l’aéroport par mes propres moyens et éviter tout contact superflu avec les chauffeurs de taxi, mon seuil de tolérance avec ces gens la ayant atteint ses limites.
Le stop marche relativement bien au début … mais j’ai beaucoup moins de chance alors que je m’approche de l’aéroport. Il me reste que quelques kilomètres que je décide de faire en marchant et pour la deuxième fois de ma vie (depuis Medan), j’arrive à pied à l’aéroport.
Merci à tous ceux qui patientent en attendant des nouvelles. Les statistiques sont en baisse en ce qui concerne les commentaires mais je mets ça sur le compte des vacances. Attention au coup de soleil et bon courage à ceux qui sont en stage. Attention avec la clim, un rhume est vite arrivée ! Il me tarde de vous retrouver. Take care …
To whom it may concern :
Chère Marie-Hélène,
Je comprends ton inquiétude. Mais tu sais ce qu'on dit : pas de nouvelle, bonnes nouvelles. Je mène une vie reposante en Asie. Les débuts furent un peu durs, mais j'ai finalement trouve un superbe papier peint qui imite à la perfection les briques rouges de la ville rose. Pour compléter le tableau, j'ai fait peindre en trompe l'oeil une vue de la Garonne sur l'immeuble d'en face. Le réalisme est époustouflant.
Certes, ma maman me manque terriblement, mais je sais qu'elle pense très fort a moi. Je fais régulièrement mes 14h de sommeil, ce qui me permet d'arriver a l'heure au bureau, frais et dispo. Pour plus de sécurité, j'utilise 5 réveils, symétriquement repartis dans ma chambre. S'il m'arrive de ne me brosser les dents que 2 fois par jour, c'est uniquement pour pimenter un peu ma vie et éprouver une sensation d'aventure. C'est pour ces mêmes raisons qu'il m'arrive de faire une sieste dans mon hamac. Je me suis malheureusement fait piquer mes brassards orange par une petite fille de 4 ans (mes très costaux pour son age). Je profite de la piscine, assis sur le rebord. C'est mieux ainsi. Quant à la mer … je ne pense pas que ce genre de vie extravagante me convienne. Je ne sais pas comment vous pouvez endurer autant d'imprévus. Le fait de ne pas toujours savoir le temps qu'il va faire le lendemain m'empêche parfois de dormir. En ce qui concerne le coté relationnel, tu ne me rencontrais pas. Je me suis fait beaucoup d'amis. Nous nous retrouvons régulièrement sur Internet pour échanger des blagues. Il m'arrive d'avoir mal au ventre tellement je ris.
Non, vraiment, ne te fais aucun souci pour moi. Si tu n'es pas convaincue, je t'invite à me rendre visite pour venir vérifier par toi même…
Gros bisous et à bientôt
Vincent
12:10 Publié dans Borneo, Brunei | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
08.06.2006
Semaine 14: Bakun, Borneo
Je travaille en ce moment sur le projet Bakun, un barrage en construction dans la province de Sarawak, au nord de Bornéo. Afin de voir de prêt à quoi cela ressemble, on me propose d'aller passer quelques jours sur place… l'occasion de joindre l'utile à l'agréable. Et puis … ça changera certainement des plages de sables blancs
Je laisse donc Barnabé et Fix, pour partir en compagnie de Michel, chef de projet pour Bakun et Sankara, un ingénieur … qui apparemment à fait tous les plans tout seul ! Nous arrivons a Bintulu ou Joachim, un local embauché sur le site, nous attend, au volant d’un énorme 4x4.
Un barrage nécessite généralement beaucoup de place, un cours d'eau et du dénivelé. C'est pour cela qu'on les trouve rarement au milieu des grosses métropoles. Il faut environ 4h en 4x4 (autant de 4 … ça va coller des boutons à mes lecteurs chinois) pour rejoindre Bakun. Les traces de civilisation disparaissent considérablement au bout de quelques kilomètres. Nous croisons de temps à autre quelques longhouses, habitations traditionnelles de Sarawak. Comme leur nom l'indique, il s'agit de maisons construites toute en long où vivent tous les membres d’une même famille. De l'arrière grand père au petit-fils, chacun en occupe un tronçon. Quand la famille s'agrandit, la maison aussi.
Un semblant de route a été aménagé pour permettre à tous les engins de rejoindre le chantier, mais cela reste très loin de la nationale … voir de la départementale ou même de la communale … nous sommes plutôt dans le vicinal … et encore !
Nous arrivons néanmoins à destination. De par sa position isolée, le chantier est un petite ville en soit. Des habitations, un bar-restaurant et même, clé de voûte de la culture asiatique, un karaoké !
Le matin, levé de bonheur pour se rendre à la réunion mensuelle de coordination (traduction littérale). Tous les responsables des différents morceaux du barrage se retrouvent une fois par mois pour expliquer au client que c'est la faute de l'autre s’il est en retard. Objection votre honneur, c'est lui qui a pas voulu me faire ma route, il fait rien qu'à m' embêter. Quand on voit à combien s'élèvent les pénalités de retard, ça a de quoi vous faire hausser le ton.
Après ce spectacle (vu mon niveau dans la hiérarchie et mon expérience dans les barrages, vous vous doutez bien que j'ai fermé ma gueule. D'une part parce que j'avais rien à dire et d'autre part, parce que personne ne voulait m'écouter. De toute façon, nous sommes parfaitement dans les délais et le client nous a même donné un bon point. A ce rythme-là, si on se relâche pas et qu'on rend de bonne composition en fin de trimestre, on pourrait même être cité au tableau d'honneur.
Un repas ingurgité en 3 secondes 2 dixièmes avant d'aller au bureau (algeco ?). Un petit tour dans l'entrepôt pour voir des machines démesurées. Ça fait 5 ans qu'on a un problème à la maison avec la pompe de relèvement, j'ai ici quelque chose qui pourrait aisément la remplacer : une espèce d'engin (une pompe en fait) a peine plus grande que moi.
Puis, enfin, arrive la visite de chantier. En plein cagnard, la température sous mon casque doit avoisiner les 800°C … c'est environ à cette température que mon cerveau commence à faire des petites bubulles. Mais de quoi je me plains ? Ça fait tout juste 20 min que je suis dehors et quand je vois des gars qui passent la journée (le Lundi ?) au soleil, un chalumeau a la main, je me dis qu'après tout, il fait pas si chaud.
Le chantier est impressionnant. Nous sommes au pied d'un barrage de 205 m de haut (pour l'instant il n'en fait que 160 … mais c'est déjà pas mal).
Le chantier devrait être terminé dans 3 ou 4 ans (inch allah) et il faudra environ 8 mois pour remplir le lac. Une fois le barrage terminé, il faudra enlever le petit barrage provisoire, reboucher le tunnel qui dévie l'eau sous la montagne et attendre que tout ça se remplisse. Ça donnera naissance à un immense lac. De quoi rêver de dériveurs, de ski nautique, de baignade … mais n'oubliez pas que la nature est hostile. Le lac se remplira d'eau, mais aussi de serpents, crocos, sangsues, insectes bizarres et autre saloperies dont il faut généralement plus qu’un simple pschitt de Baygon pour se débarrasser.
Toujours intéressé ? N'oubliez pas la crème solaire et la cotte de maille !
Le soir, nous nous retrouvons autour de quelques bières, dans une ambiance bon enfant. Chacun y va de ses pronostics et autres commentaires footballistiques, en attendant que le mondiale ne commence.
Moi, vous me connaissez, le foot, je m'en cogne complètement … mais avec une force ! Et ça dure depuis tellement d'années, qu'à part la victoire de la France en 98 (on nous en a tellement fait un flan que même un sourd-muet-aveugle n'a pas pu passer à cote) et sa défaite en 2002 (qui m'a beaucoup fait rire) j'y connais absolument rien. Pas même le nom des joueurs (à part Zizou bien sur !). Je vous raconte pas l'angoisse à l'approche de cette coupe du monde. Évidemment, tout le monde s'enquiert de mon opinion qui ne peut être, étant français, que hautement qualifiée. Comment leurs expliquer ? J'ai bien essayé de leur faire comprendre qu'en tant que bon toulousain, j'étais plutôt rugby … mais que neni : ils veulent mes pronostics.
Alors que voulez-vous, je les leurs donne. Ah ils vont pas être déçu du voyage. J'invente, je bluffe, je tente un avis à contre courrant. Quand je m'enfonce, je me mets à parler encore plus mal anglais pour qu'ils mettent ça sur le coup de la barrière linguistique.
Non, allez, sans rire … Cette année. Je vais me tenir au courrant. Au moins de ce que fais l'équipe de France, comme ça, dans 10 jours, j'suis peinard !
Plus sérieusement, je vois ça comme un sujet universel de discussion. Pendant un mois, on cesse de vous parler des oscillations du baromètre pour vous narrer les exploits de Ronaldino (pardon Zizou) lors du dernier match contre la Papouasie Nouvelle Guinée (mais si, ils sont qualifiés).
Mon coup de gueule terminé, je me dois de préciser que j'ai passé une très bonne soirée … comme quoi !
Merci à ceux qui continuent de lire ce blog. N'hésitez pas à vous manifester, à donner votre avis ou vos pronostics pour la finale. Ça me permettra d'avoir quelque chose à dire la prochaine fois. Sinon, vous pouvez également laisser une bafouille pour dire une connerie. C’est pas interdit non plus. Enfin, toute forme de nouvelle (mail, carte postale, courrier, pigeon voyageur ou signaux de fumée) sera la bienvenue…
13:45 Publié dans Borneo | Lien permanent | Commentaires (5) | Envoyer cette note
29.05.2006
Semaine 13: Tioman again...
Notre période “îles” touche à sa fin. Elle va céder sa place à une période un peu plus “jungle”. Histoire de faire une transition en douceur, nous retournons à Pulau Tioman , mais cette fois ci, pour un petit trek dans la jungle.
Nous partons, Paul, Fix et moi par le Bus du vendredi soir. Nous arrivons Samedi matin à Salang, au nord de l’île. Salang a l’air un peu plus animé et touristique qu’Air Batang (où nous étions la dernière fois). Nous prenons un petit dej’ conséquent et partons à la recherche d’un semblant de trace, supposé rejoindre Tekek. Nous finissons par trouver un passage un peu plus dégagé au milieu de la végétation. Nous faisons à peine quelques et le cadre change complètement. Nous avons beau être proche du village, la jungle est dense et sauvage. Nous avançons en terrain glissant, au milieu des lianes et autres branches. Il y a une ligne électrique (seul détail qui nous rappelle que nous ne sommes pas trop loin de la civilisation) qui court sur le sol. Ce câble est sensé nous indiquer la route, mais en réalité, ce n’est pas si évident de le suivre ! Nous nous écartons à peine pour prendre une photo .. . et c’est le drame : plus de câble, plus de piste. La progression est difficile et la chaleur et l’humidité ambiante n’arrange rien. Mais c’est tellement beau. Comme les Indiana Jones que nous ne sommes pas, nous fonçons tête la première, au milieu de toute cette végétation attachante.
Une rencontre toute aussi impromptue qu’inattendue avec un charmant ophidien , dépourvu de membres chiridiens évidemment (si avec ça vous ouvrez pas un dico …), du genre vert avec des dents. Il ondule gentiment entre les branches et fait mine de se camoufler quand on arrive. Pour mieux nous sauter à la gueule ? J’en doute. Il a l’air très pacifique. Mais bon, si c’est nous qui lui jetons notre gueule dessus, ça risque d’être différent. Du coup, notre progression est légèrement ralentie, non plus par la jungle, mais par la trouille. La trouille de foutre la tête dans les feuilles et de tomber nez à nez (si si, ils ont un nez, j’ai vérifié) avec un de ses cousins.
Nos autres rencontres sont heureusement plus sympathiques : un Pteromyinae, de la famille des Sciuridae, un très beau Saurien de l’ordre des Squamates et de quelques Cercopithecidae de l’ordre des Primates. Si vous vous demandez si ça m’amuse, la réponse est oui, bien évidement !
Nous finissons par arriver par une petite plage charmante. C’est très sympa mais pour continuer, nous n’avons plus que 2 solutions : remonter le pseudo sentier à la recherche de ce fameux câble que nous avons perdu depuis, fioutre, une sacrée lurette, ou bien suivre la côte jusqu’à Monkey Bay, que nous apercevons presque de là où nous sommes. Seulement, il fait trop chaud pour remonter et c’est marée haute … très haute même. Nous optons quand même pour la deuxième solution. Après avoir enfilé nos maillots, nous partons dans l’eau chaude et turquoise, avec nos sacs sur la tête. Malheureusement, comme je vous ai dit, la marée est assez haute et j’hésite à sortir le tuba de mon sac pour le donner à Fix, afin de lui éviter la noyade. Finalement, ça se joue à quelques centimètres, victorieusement gagnés sur la pointe des pieds.
Nous arrivons enfin sur Monkey Beach, où un autochtone nous attend, amusé par notre situation : Ils sont fous ces Matsaleh ! Il vit tranquilou, tout seul sur sa plage. Quelques baraques en bois pour les rares touristes, ainsi que quelques canettes de coca ! Nous discutons le bout de gras (surtout pas de cochons, c’est un malais) et puis, après avoir essayé cette sensation qui s’appelle coke (c’est mieux quand c’est frais) nous repartons dans la jungle.
La fatigue nous rattrape quand nous arrivons à ABC. Du coup, nous décidons de poser nos affaires et de changer de programme. Nous partons faire une petite plongée au-dessus d’un petit récif corallien fort coloré. Le soir, ambiance barracuda grillé (décidemment, c’est vraiment trop bon). Nous allons faire un tour à la grosse fête organisée en l’honneur des 10 ans du Marine Park. C’est très loin de ce à quoi nous nous attendions : tout le monde assis dans l’herbe, à écouter des chanteurs de karaoké, encore plus ringard et mauvais que ceux de la Star’Ac. Nous sommes scotchés par la première chanson (ça surprend pas mal), nous rigolons sur la suivante, puis nous finissons par souffrir (ça vrille les tympans) et enfin, par partir. Un dernier (thé glace) pour la route et nous rentrons nous coucher.
Dimanche matin, temps de merde. Gris et pluvieux. Comme quoi, il ne fait pas toujours beau sous les tropiques. Nous crapahutons jusqu’à Tekek, la principale ville de l’île, pour prendre le bateau. C’est hideux. Un aéroport (une cabane en bois et 1600 m de goudron), des pelleteuses, un peu d’essence qui flotte sur l’eau avant de se déposer sur une plage en béton. C’est crade et (heureusement) très loin de ce qu’on trouve sur le reste de l’île. Les seules choses qui nous font passer ici sont la présence d’un magasin duti-free et d’un embarcadère. C’est léger comme avantage quand on voit à quel point c’est moche.
Une fois les emplettes terminées, nous nous installons au bout de la jetée, le regard droit, face à l’horizon (pas tout à fait mais ça sonne bien). Nous embarquons sur le toit d’un rafiot, en route pour Mersing. Au bout d’un 30min, la situation se dégrade : il pleut, il vente, il bruine, il mouille, c'est la fête à la grenouille. Avec Paul, nous essayons de resister le plus longtemps possible. Une fois frigorifiés et trempés, nous craquons et allons nous achever à grands coups d’air climatisé à l’intérieur du bateau : si avec ça on n’est pas malade Lundi !
12:10 Publié dans Malaisie | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
19.05.2006
Semaine 12: Bali, Indonesia
Vendredi 19 mai 2006
J’ai 25 ans. Un quart de siècle. Beaucoup d’entre vous y ont pensé et j’en suis très touché.
Ça se fête ... et pas n’importe comment.
Ne pouvant pas me libérer complètement de mes obligations professionnelles, je doit travailler le jour de mon anniversaire ! Rendez-vous compte ! Mais le matin seulement.
À midi, je sors du bureau et vais retrouver Fix. Nous attrapons nos sacs (que nous n’avons jamais l’occasion de défaire). Le temps de devenir millionnaire en rupiah et nous partons pour l’aéroport.
Carte d’embarquement. Juste un bagage à main ; merci Madame. Formalités douanières ; merci Monsieur. L’avion décolle pour se poser 3h après. Re-belote. Visa, tampons. Un autocollant dans le passeport en échange de 10 $. Ça commence à faire cher la collection Panini. Après avoir changé de pays, passé l’équateur et changé d’hémisphère, nous voici enfin arrivés à … Bali !
Il est déjà tard. Sans perdre de temps, nous prenons un taxi pour aller à Sanur, petite ville en bord de mer, au Sud de Bali. Nous trouvons un petit hôtel pour poser nos affaires. Mon sac contient 2 choses particulières, que ma famille m’a donné avant de partir. Je laisse la première de côté pour l’instant et je vais mettre la seconde au frais, le temps d’aller grignoter un morceaux. Après une assiette de riz agrémenté de plein de choses, nous passons à l’hôtel récupérer ce que nous avons laissé au frais les « 2 choses » avant d’aller nous balader sur la plage. Au bout de la jetée, nous trouvons une sorte de petite cabane : un toit et un plancher sur pilotis, au bord de l’eau.
Nous y voilà. Avant de partir, ma famille m’a donné un petit paquet et une grosse bouteille. Je n’avais le droit de n’ouvrir ni l’un ni l’autre avant le jour J (et ça n’a pas toujours été facile !). J’ouvre la seconde en premier : un magnum de champagne ! Nous sortons les verres que le resto nous a gentiment prêté. Nous trinquons. J’ouvre enfin le premier paquet : une petite boîte à musique qui joue « joyeux anniversaire » ou « happy birthday to you » ou encore « selamat hari jadi » … ça dépend du pays où l’on se trouve. Comme vous vous en doutez (ou peut-être pas après tout) il y a toute une histoire autour de cette boîte. Je vous la narrerai bien volontiers, mais je préfère attendre et la compter de vive voix à ceux que ça intéressera toujours dans quelques mois.
Pour compléter un tableau déjà parfait, j’ai même droit à un coup de fil de mes parents (et oui, j’ai aussi un numéro de téléphone en Indonésie : la classe !) Vive la technologie. Un peu comme dans cette vielle pub où 2 potes se parlent au téléphone, l’un a Paris (je crois) et l’autre sur la muraille de Chine. Le premier voit le soleil se coucher tandis que le second le regarde se lever. Vous vous souvenez ? Non ? Tant pis ! En tout cas c’est un peu l’effet que ça fait d’entendre toute sa famille vous chanter joyeux anniversaire, à 13 000 Km de là. Le monde n’est pas si grand finalement !
La soirée se poursuit. Nous refaisons le monde. Faut dire que tous les ingrédients sont rassemblés ! Un bilan sur les 25 dernières années. Un programme pour les 25 prochaines…
Le Samedi matin, prenons un p’tit dej et un taxi pour aller a Ubud, à l’intérieur des terres. C’est la capitale culturelle de l’île. Habitée à l’année par des artistes en tout genre, venus de tous les coins du monde (à priori il y en a plus que 4) la ville est une sorte de musée ouvert. Peintures, sculptures, … des galeries d’art à tous les coins de rues. Bali est aussi pauvre que la reste de l’Indonésie, incontestablement beaucoup plus que la Malaisie, mais ici, tout est beau. Les balinais ont un goût incroyable pour la décoration. Le moindre resto ou bar est tellement class qu’à Paris (et peut être même en province !!!) il deviendrait en un clin d’oeil un haut lieu de la vie mondaine.
Nous allons nous balader a Monkey Forest. Une ambiance jungle avec des singes partout et des morceaux de temples recouverts par la végétation (rien à voir avec Angkor mais très jolie quand même). Ensuite, il est temps de partir à la recherche d’un endroit pour passer la nuit. Nous errons dans les rues, ayant pour seule indication le Jazz Café. Il paraît que c’est un bar extraordinaire où ont lieu des concerts de jazz presque tous les soirs. Le but est de trouver une guesthouse à proximité. Nous finissons par atterrir dans un hotel-bungalow-art gallery qui à vue de nez ne paraît pas du tout être dans les moyens des 2 backpackers que nous sommes. Nous tentons quand même le coup. Nous bouilles adorables de jeunes étudiants (profitons en le plus longtemps possible) ainsi que la morte-saison nous valent la sympathie d’un des jeunes qui travaille ici, puis finalement de la patronne. Si bien que nous avons droit à un tarif très privilégié et que ce lieu concurrence, financièrement, les guesthouses que nous avons pu visiter. Pour ce qui est du cadre, c’est incomparable. Nous posons nos affaires dans notre petite maison et nous partons faire un plouf dans la piscine. Le jardin est magnifiquement entretenu, dans l’entrée sont exposés plein de tableaux et par-dessus tout, c’est à deux pas du Jazz Café !
Nous prenons un verre avec la patronne avant d’aller dîner. Elle nous montre sa collection de tableau. Ensuite, nous allons au Jazz Café pour passer la soirée autour d’une coupe de bière. Une ambiance folle, un groupe de haut niveau, des tounes reprises avec brio, le tout une fois de plus dans un cadre somptueux. Vous l’avez compris, si vous avez la chance d’aller à Bali, c’est là qu’il faut passer une soirée.
Dimanche matin, nous partons de bonne heure à la recherche d’un loueur de moto. Pas très difficile à trouver, le premier gars dans la rue accepte de nous en louer une pour environ 4$ la journée, assurance et casques compris ! Nous enfourchons notre superbe cylindrée : un hybride moto-scooter, avec des vitesses, dans la plus pure tradition asiatique, qui a néanmoins une bonne patate. Nous roulons vers le nord, en direction des plantations de riz en terrasse. Nous passons la journée à nous balader dans la région, nous arrêtant de temps à autre pour visiter un temple ou pour boire un verre avec une superbe vue sur la vallée. La journée passe très vite et il est temps de rentrer à Ubud, récupérer nos affaires. Sur le chemin, nous en profitons pour faire quelques courses : des souvenirs à rapporter. L’artisanat local : tout et n’importe quoi sculpté en bois
De retour à Ubud, un des jeunes de l’hôtel nous embarque pour nous conduire à l’aéroport. Nous faisons une petite halte à Dempasar, pour rendre visite à son frère … à l’hôpital. Ce dernier est beaucoup moins dans le style balinais et ne ressemble en rien, malgré un taux de fréquentation assez élevé, à un lieu touristique. Le temps d’attraper une demi-douzaine de maladies nosocomiales et nous reprenons la route. Un petit stop ‘n go sur la plage de Kuta. Rien d’extraordinaire : des boîtes de nuit, des filles, de la drogue. On parle des attentats de Bali, mais Bali n’a rien de dangereux à partir du moment où l’on ne va pas a Kuta. Et soit dit en passant, on perd pas grand-chose.
Selamat tinggal Bali. Dans nos sacs, quelques conneries en bois et un super hamac qui aura parfaitement sa place sur le balcon. Il est temps de rentrer à la maison et de retrouver Barnabé qui doit faire la gueule après un autre we passé tout seul.
Papa, Maman, Caro, Isa et Marine : Merci beaucoup. J’aurai vraiment aimé que vous puissiez me faire la surprise de débarquer comme pour mes 20 ans … la prochaine fois peut être ! Pierre-Eric, si tu savais ce qu’ils font aux huîtres … ils les grillent, ou pire, ils les mangent vivantes avec du Tabasco. C’est cruel… Marine, bienvenue en Malaisie. Julien et Guillaume, on se retrouve où, quand, comment ? Pierre, long time no see…les chinois(es) ont eut raison de toi ? Rosa, comme d’hab. Cam, te laisse pas faire par des sales mioches. Keb, tu te fais à ton nouvel appart ? Raph, y a de la place chez toi en août ?
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15.05.2006
Semaine 11: Perhentian
Je vous entends d’ici …
« Semaine … il se fout de nous, il nous parle que des week-ends… »
Tout d’abord, au début, j’avais vraiment l’intention de vous parler aussi de ce que nous faisons la semaine. Seulement, j’arrive à peine à trouver le temps de vous parler des week-ends ! Et n’allez pas vous dire que nos semaines sont monotones (bon, d’accord, c’est le cas), mais je pense que si je commence à vous parler des « Gas Fired Power Plant - Combined Cycle », j’ai très peur de rapidement perdre une partie de l’audimat.
« Parle nous des soirées, des bars, des filles … » me dires-vous. À cela, je répondrai par 3 hypothèses :
1° : Nous sommes de jeunes gens sérieux et nous travaillons toute la semaine.
2° : Nous sommes tellement crevés en rentrant de week-end qu’il nous faut la semaine pour récupérer.
3° : Nous avons donné l’adresse de ce blog à nos parents, oncles, tantes, parrains … et tout n’est pas racontable.
L’histoire jugera …
Allez, promis, un jour, je vous parlerai des bars de KL. En attendant, il faut absolument que je vous raconte quelque chose…
Ca y est, je viens de trouver la perle rare, le paradis. Une carte postale, mais en beaucoup mieux. Une île qui relègue toutes les autres îles aux rangs de vulgaires tas de sables. J’exagère à peine. J’ai trouvé L’île… ou plutôt les îles, car il y en a deux : Pulau Perhentian Kecil et Pulau Perhentian Besar. Petit cours de Bahasa Malaysia pour ceux que ça intéresse : pulau = île ; kecil = petit ; besar = grand … et Perhentian peut se traduire par escale, arrêt, stop over … En gros, Pulau Perhentian, c’est l’île où l’on s’arrête en espérant ne plus repartir. C’est assez clair ? Pour demain, vous me ferez 3 phrases avec besar et 3 phrases avec kecil !
Bref, le malais est pragmatique dans ses appellations et ces îles portent plutôt bien leurs noms.
Un week-end de 3 jours et l’anniversaire de Paul : 2 bonnes raisons de partir dans un endroit sympa. Barnabé ne se sentant pas très bien, Fix reste à l’appart pour s’occuper de lui.
A cause des « publics holidays », les bus sont pleins. J’en prends un de mon coté pour arriver à Jerteh à 4 AM après 8h de route. Après 2h d’attentes dans une gare de bus sordide, au milieu de punaises et sous une lumière pisseuse, je prends un taxi pour Kuala Besut ou je retrouve Paul, Arthur, Aude, Romain, Audrey et Nicolas. Nous prenons un bateau pour aller à Fauna Beach, au sud de la grande île (plus sauvage que la petite). Nous débarquons sur une plage au sable tellement blanc que ça en fait mal aux yeux. Nous trouvons quelques petits bungalows à louer, à quelques mètres de l’eau, ainsi que quelques paires de palmes, masques et tubas.
L’eau est chaude, très chaude … trop chaude. On se brûle un peu au début, mais on finit par s’y habituer. Nous partons barboter au bout de la baie. Spectacle fabuleux. De toute façon, ici, dès qu’on met la tête sous l’eau, c’est beau !
Au bout de quelques temps, nous retournons sur la plage. Nous déjeunons dans un petit resto au bord de l’eau. Des hamacs sont accrochés sous les arbres, juste à la lisière, tout le long de la plage. C’est parfait pour buller un peu. Histoire de s’activer, nous nous lançons dans un magnifique match de beach-volley, sous les ovations délirantes du groupe de chinoises qui ne rate pas une miette du spectacle. Plongeons dans le sable, cries de fureur, frappes viriles… tout est bon pour amuser la galerie ! Et puis le beach-volley, c’est 10% de sport et 90% de frime ! La journée se passe paisiblement au bord de l’eau : snorkling, farniente … Une fois la nuit tombée, nous essayons un autre resto (le seul qui serve des bières). Paul a même droit à un pancake d'anniversaire !
Samedi matin. Réveil tardif. Pour quelques dizaines de ringgits, un local nous prend à bord de son bateau pour nous ammener dans différents spots de plongées autour de l’île. Après 2 ou 3 spots, nous faisons halte sur LA plage. Celle qu’on ne voie qu’en photo. À tel point qu’on finit par se dire qu’elle n’existe pas, que c’est un montage. Et pourtant …
Notre balade en bateau s’est terminée à Long Beach, la plage la plus touristique de la petite Île. Nous négocions un bateau-taxi pour rentrer chez nous, mais plus tard dans la soirée. Ensuite, après s’être nourri et désaltéré, nous partons faire un tour a travers la jungle jusqu'à Coral Beach. C’est une plage très sympa où règne une ambiance bon enfant. Petite précision, ce soir c’est la pleine lune. Peu de chance de croiser un loup garou, l’île ayant été récemment déloupgarifié. C’est surtout l’occasion d’une grosse fiesta organisée pour l’événement à Long Beach. Nous commençons par un bon dîner sur la plage. Au menu, Barracuda et autre poisson grillés sur la braise.
La soirée est loin d’être aussi excentrique que prévu. Rien à voir avec la full-moon party de Kho Phangan mais ça me convient tout à fait : tout le monde sur la plage, quelques jongleurs de feu, des gens du monde entier faisant une halte indéterminée sur l’île, de la musique … que demander de plus ? La soirée se passe paisiblement, au gré des rencontres toutes aussi hétéroclites les unes que les autres. Vers 3h du mat, nous decidons de rentrer mais nous nous retrouvons rapidement confrontés à 3 problèmes :
1 : C’est marée basse … et même très basse. Les coraux affleurent et l’on ne sait pas trop comment le bateau va passer.
2 : Le bateau est trop petit pour que nous puissions tous rentrer dedans.
3 : Notre sympathique navigateur, Surcouf devant l’éternel, est soul comme un Polonais un jour de paye.
Heureusement, comme dit la maxime: « il n’y pas de problèmes, que des solutions ». C’est marée basse, mais avec un petit bateau, ça passe (ou ça casse). Il n’y aura qu’à faire 2 voyages. Quant à Magellan, on peut temporairement se passer de ses services et prendre la barre à se place. C’est la pleine lune, l’eau est calme et l’on a que très peu de chance de se faire arrêter par la police ! Tout s’arrange. La première équipe part. Il faut juste une vingtaine de minutes pour rejoindre l’autre île. Rackam le Rouge, qui n’en est vraisemblablement pas à sa première cuite fait preuve d’une lucidité déconcertante et nous guide à travers les coraux, jusqu’à bon port. Reprenant du poil de la bête, il repart seul, le regard face à l’horizon, pour récupérer l’autre partie du groupe. Ce qui s’est passé entre temps, nul ne le sait (et certainement pas Ulysse). L’hypothèse la plus probable est que, appelé par quelques sirènes, il s’est échoué sur une plage, le temps de cuver un peu. Au bout d’une heure ou deux, il a entrouvert un œil, s’est souvenu de sa mission et a fini par récupérer nos camarades. Quels grands hommes ces marins.
Dernier jour au Paradis. Nous plions bagages et rendons les bungalows. Nous profitons du sable blanc et de l’eau claire pendant les quelques heures qui nous restent. Un bateau passe nous prendre à 15h pour rejoindre le continent. C’est tot, d’autant que les bus ne partent pas avant 21h, mais il paraît que les syndicats ont obtenu une réduction du temps de travail pour les chauffeurs de (bateau) taxi. Retour à Kuala Besut. Le bus pour KL part de Jerteh à 21h. C’est à 20 minutes de routes d’ici. Pour s’y rendre, nous nous entassons à 8 (chauffeur compris) dans une voiture de fabrication malaise. Nous arrivons à destinations presque sans encombre : nous avons juste perdu l’aile droite, un phare et une vache (véridique).
C’est une perte tragique et c’est pas drôle.
Caro, pensée spéciale pour ton anniversaire. Marie-Hélène, j’espère que les chimpanzés vont bien. Il va bientôt être temps pour eux de partir dans la jungle. Rosa, tu vas vraiment pas t’ennuyer. Vincent et Aurélie, j’ai mon billet, je serai là pour le mariage. Pierre, merci encore pour ta recette de pâtes au roquefort. Keb’, félicitation pour ton taf et garde la trasher attitude.
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08.05.2006
Semaine 10: Pulau Tioman
Une autre semaine de boulot. Pour éviter le surmenage, il faut penser à décompresser. En guise de traitement prophylaxique, nous partons à Pulau Tioman, une île au sud-est de la Malaise. Départ en bus Vendredi soir a 23h. Nous arrivons à Mersing 6h plus tard. Un peu trop tôt pour prendre un bateau. Nous optons pour un petit dej’ frugal dans les échoppes avoisinantes. Nous faisons la connaissance de Fabien, un allemand de 25 ans qui travaille à KL et qui viens passer deux jours à Tioman pour faire de la plongée. Nous discutons en attendant le premier bateau. L’île est assez éloignée et il nous faut plus d’une heure, avec un ferry rapide, pour rejoindre la plage où nous comptons poser nos affaires.
Nous débarquons au bout d’un grand ponton, après avoir longé la cote paradisiaque et s’être arrêté sur quelques plages, le temps de débarquer du monde. C’est sur le village de Air Batang (ABC pour les intimes) que nous jetons notre dévolu. Fait très surprenant (et plutôt agréable), à notre arrivée, aucun vendeur, bonimenteur ou autre emmerdeur du genre pour se jeter sur nous en nous proposant, soi-disant, l’hôtel, le resto ou le club de plongée le moins cher de l’île. Le calme !
Nous allons réserver un bungalow à quelques centaines de mètres de l’embarcadère. Une petite cahute en bois, au bord de l’eau avec même une salle de bain. Le tout pour le prix d’une bière en France. Il s’agit pas de perdre du temps. Nous enfilons nos maillots et nous rendons au club de plongée à quelques pas de là. De même que Fabien, il me reste quelques plongées à faire pour compléter le Padi. Nous programmons nos plongées pour le reste de la journée et, en attendant, nous allons barboter en face. L’eau est à plus de 30°C. C’est hallucinant. On se sent comme dans une baignoire, sauf que c’est plus grand, plus profond, et qu’il y a des milliers de poissons colorés qui passent dans tous les sens ! Au bout d’une heure, nous sortons pour nous rafraîchir un peu.
Les premières plongées ne sont pas extraordinaires. Il s’agir surtout de faire et refaire des exercices fait et refait en piscine : enlever son masque, le remettre. La même avec la ceinture de plombs, la bouteille et le maillot ! On échange nos détendeurs tout en faisant beaucoup de bulles. On se raconte quelques blagues en langage des signes. Le tout dans la joie et la bonne humeur. Mais à la fin de la journée, nous en avons fini avec toutes ces formalités et sommes fin prêt pour le grand bleu.
Mais ça attendra demain. Dans l’immédiat, nous partons à la recherche d’un resto. Nous en trouvons un très chouette, au bord de l’eau (ici, tout est au bord de l’eau) où nous dégustons du barracuda grillé : un régal ! Ensuite, nous retrouvons l’équipe du club de plongée au Lime-Tree Café, un des seuls bar des environs. Ou en tout cas, ce qui y ressemble le plus. Quelques chaises posées sur le sable. Nous rejoignons la communauté internationale des habitants de Tioman. Quelques malais, un anglo-kenyan assez roots, qui cherche à installer ses bureaux sur l’île, une québécoise à qui appartient le bar, australien, anglais, allemand, français … L’annexe de l’ONU en quelques sortes ! Nous jouons à un petit blind-test musical, sur des morceaux que nous n’avons jamais entendus auparavant. Quelques bières fraîches. Le temps s’est arrêté. Plus de repères. La nonchalance tropicale dans toute sa splendeur.
Mais la fatigue de la journée et la nuit blanche dans le bus nous rattrapent. Nous rejoignons nos bungalows où Morphée nous attend.
8.00 AM. Je retrouve Fabien pour prendre un petit dej’ avant d’aller plonger. Des pancakes aux fruits exotiques, arrosés de miel. Ici pas de sirop d’érable. J’entends déjà les québécois les traiter d’hérétique. N’allez pas dresser le bûcher tout de suite. Laissez- moi le temps d’en reprendre.
Rassasier et légèrement en retard (réflexe occidentale) nous filons récupérer notre matériel avant d’embarquer sur un rafiot qui ne semble flotter que grâce à ses multiples couches de peintures. Nous arrivons sur le lieu prévu pour notre plongée matinale. La mer étant toujours aussi chaude, ce n’est vraiment pas difficile de se mettre à l’eau.
Ca y est, nous y voici. Enfin ! Notre première plongée digne de ce nom. Un aquarium. Et encore, le mot est faible. Nous ne savons plus où donner de la tête. Tout est coloré et bouge autour de nous. Pendant une heure, nous profitons du spectacle son et lumière qui nous est offert. Mais si le temps s’est arrêté à la surface, la jauge de pression nous rappelle que sous l’eau, il n’en est rien et qu’il est temps de remonter. Le bateau est toujours à flot. Nous grimpons dessus et rejoignons le centre, le temps d’évacuer un peu d’azote et de reprendre des bouteilles pleines. Fix est déjà prêt. Il est midi, mais nous n’avons pas le temps d’aller manger. Nous repartons vers le Sud de Tioman.
Cette dernière plongée est de loin la plus belle. Des coraux encore plus colorés, des milliers de poissons de toutes les couleurs,. Nous voilà en plein dans « Le monde de Nemo ». Une grosse tortue passe paisiblement au milieu de nos bulles… Je ne sais pas comment vous décrire tout ça sans tomber dans le banal, le cul-cul ou le ridicule. C’est énorme !
Merci infiniment à tous ceux qui prennent le temps de lire ce blog et encore plus à ceux qui laissent des commentaires. Selamat Hari Jadi à tous ceux du mois de mai : Camille, Pauline, Florent, Caro, Ludo, Vincent, Olivier … et à tous ceux qui me pardonneront (je l’espère) de les avoir oubliés.
16:05 Publié dans Malaisie | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note
05.05.2006
Semaine 9: Sumatra, Indonesia
Après une semaine de repos et une seconde rechute, il est temps de repartir. En Malaisie aussi le 1er mai est un jour férié. Ça fait un long week-end que je compte bien ne pas laisser passer. Je change mes Ringgits contre 1000000 de Rupiahs. Cette fois-ci, direction Medan au nord de Sumatra, Indonésie. En soit, Medan ne présente pas grand intérêt, mais c'est le meilleur point de départ pour rejoindre Bukit Lawang et Gunung Leuser National Park pour un trek de 3 jours dans la forêt tropicale indonésienne. C'est également un des rares endroit au monde, avec Bornéo, où l'on peut espérer croiser des orangs-outans (du Bahasa Malaysia : orang = homme ; utan = jungle). Il ne faut pas pour autant s'amuser à appeler orang-outan les tribus aborigènes qui refusent la civilisation !
Rendez-vous samedi à 6h du mat' à KL Sentral avec Arthur, un français en stage chez Lafarge, pour prendre le bus pour l'aéroport. Embarquement. Comme d'hab', les issues de secours se situent à l'arrière, au milieu et à l'avant de l'appareil et en cas de dépressurisation de la cabine, des masques à oxygène tomberont devant notre gueule. Les gilets de sauvetages sont situés sous nos siéges. C'est rassurant !
Une dizaine de minutes avant d'être parti de KL, nous arrivons à Medan (décalage horaire), sans incident majeur. À la sortie de l'aéroport, une pancarte avec mon nom !?! Une des personnes avec qui je travaille est originaire de Medan et il a demandé à sa femme de me récupérer à l'aéroport. Royal ! Elle nous conduit à la gare de bus, ce qui nous évite de longues heures de négociations sur le prix de la course avec les chauffeurs de taxi. En chemin, nous avons droit à toutes les recommandations habituelles. On a droit à : « l'Indonésie est un pays dangereux », au classique : « Mettez vos sous dans différentes poches » et même au plus enfantin : « Ne parlez pas aux inconnus ». Ce dernier risque d'être plus difficile à suivre … l'esprit maternel est universel.
Pour rejoindre Bukit Lawang, nous montons avec une vingtaine d'inconnus, dans un minibus prévus pour 9. Le chauffeur nous explique que le trajet devrait durer 3h ou 3h30 … pour faire 80 Km. Je vous laisse imaginer l'état des routes. Le point positif, c'est que ça ne coûte que 100000 Rp (1 euro) !!! Ce minibus se transforme en car de ramassage scolaire quand, à une trentaine de kilomètres de l'arrivée, des gamins en uniformes grimpent sur le toit pour rentrer de l'école !!! Entassés comme des sardines, la proximité favorise les contacts. Nous faisons la connaissance d'Erwin, un indonésien dont la femme et le fils habitent à Medan et qui est … guide à Bukit Lawang ! Méfiant par habitude, nous ne nous jetons pas tout de suite sur l'occasion. Mais au bout de 3h, après avoir discuté de tout et de rien, nous avons un feeling et nous acceptons son offre. Il nous invite chez lui pour le déjeuner, le temps d'attraper ses affaires et d'aller acheter nos pass pour le park national. Nous grimpons tous les 3 avec le chauffeur sur une mobylette convertie en side-car pour aller aux portes de la jungle. Nous traversons un pont de singe et … en route pour l'aventure !
Une ballade dans la jungle ressemble à première vue à une ballade dans une forêt un peu touffue. Au bout de 15 secondes et après avoir sué quelques litres, on sent mieux la différence : environ 200% d'humidité, des plantes très attachantes et une faune démesurée. Ca ne semble pas déranger notre guide qui marche allégrement, sans une goutte de sueur et surtout, sans chaussures !!! Nous marchons quelques heures et, après s'être cassé la gueule un certain nombre de fois, en glissant tantôt sur des racines, des pierres couvertes de mousses, ou tout simplement le sol un peu boueux, nous arrivons au premier campement. Quelques bambous et une bâche posée dessus font office de tente. Le tout au bord d'une petite rivière : le paradis en quelques sortes ! Nous faisons la connaissance d’Adi, un ami de notre guide qui a emprunté quelques chemins de traverse pour venir nous ravitailler. Notre chargé logistique est accompagné de son fils, 13 ans, futur guide selon toute vraisemblance ! Nous sommes les seuls à avoir l'air fatigué, à souffler et à suer comme des bœufs. Elle est belle la jeunesse occidentale !
Un petit plouf dans la rivière nous remet d'aplomb ! Notre guide nous appelle pour le thé. Pas de soucis, l'eau vient de la rivière. Autant s'y habituer ! Pendant ce temps, Adi s'affaire au fourneau pour nous préparer un véritable festin à la mode indésienne. Nasi Goreng accompagné d'un cari de légumes et de deux autres plats assez indescriptibles, mais très bon, à base de poissons et de piments… Puis, la nuit et l'orage arrivant, nous nous installons sous la tente pour une petite partie de cartes. Le sommeil ne tarde pas à nous rattraper et nous nous endormons comme des bébés, au milieu de tous ces bruits assez inquiétants.
Après une bonne nuit, presque complète, nous sommes prêt à attaquer une nouvelle journée de trek. Un brin de toilette dans la rivière. Un petit tour dans la jungle, à la recherche d'un coin tranquille. Alors que je suis accroupi, à méditer, je vois passer, l'air de rien, un scorpion noir plus gros que ma main (et j'ai de très grandes mains). Certainement embarrassé de m'interrompre dans ce moment d'intimité, il s'éloigne discrètement. Une chose est sûre, c'est bien plus efficace que l'Imodium. Heureusement, un p'tit déj' de compet' me remet de mes émotions. Notre guide à une recette de pancake à la banane qui mériterait quelques étoiles dans le Michelin.
Pour gagner du temps, on s'habille avec des affaires mouillées. Au bout de quelques minutes, y a pas grande différence. Nous laissons Adi et nous suivons notre guide qui a décidé de partir pied nus dans la rivière, juste après nous avoir montré un joli serpent qui nagait par là. Nous regrettons les sentiers boueux de la veille et nos vielles chaussures qui finalement ne tiennent pas si mal la route. Mais le décor est époustouflant et suffit à nous faire oublier les chutes récurrentes.
Un peu plus tard dans la matinée, nous apercevons quelques gibons qui se baladent de branche en branche. Le spectacle est magnifique, jusqu'au moment où toute cette horde de gibons commence à s'approcher de nous, de manière un peu agressive, certainement à cause du parfum subtil que dégagent nos sacs : biscuits, bananes et autres fruits … Nous en rescapons indemne, content d'avoir pu les voir de très, très prêt (même si sur le moment, nous n'étions pas très fier !!!). Nous continuons notre trek. Ça monte, ça descend pour remonter ensuite … La vie est un éternel recommencement !
Nous arrivons enfin à notre campement, où nous attend une maman Orang Outan avec son petit. Nous l'observons. La ressemblance avec les humains est frappante. On dirait un vieil Irlandais … Tout aussi roux, mais en plus poilus. La glace est brisée. Nous entamons la discussion … Apparemment, elle a réservé le gîte. Même dans la jungle, le premier arrivé est le premier servi. Nous partons donc à la recherche d'un autre camp, non sans s'être serré la main en guise d'adieu. Différence de culture, ici, on ne se fait pas la bise.
Second campement, même confort, au bord d'une rivière, mais nettement plus boueuse que la veille. Nous posons nos affaires et attrapons nos maillots de bains. Erwin nous conduit à la piscine : une cascade qui se jette dans un bassin suffisamment profond pour nager, au milieu de la jungle, des lianes, des racines, des arbres et de leurs milliers de feuilles qui laissent à peine passer la lumière du jour. Un régal : l'eau est clair et à température idéale.
Nous rentrons au camp pour le thé. Adi prépare le repas. Il nous propose une descente en rafting pour le lendemain. Nous acceptons. Nous croisons quelques autochtones, qui travaillent dans les plantations d'hévéas avoisinantes (nous sommes juste à la limite du parc national). Tout aussi pied nus. Certains uniquement vêtus d'un ravissant slip usé jusqu'à la corde. Une machette à la main. Malheureusement, ils ne parlent que le Bahasa Indonesia, ce qui limite la conversation. Il leur faut environ 2h30, en marchant vite, pour aller ou rentrer du travail !
Nous nous posons sous la tente pour une partie de carte. La pluie tombe violement, mais sous la bâche, nous sommes presque au sec. La partie finie, nous nous glissons dans nos sacs a viande pour dormir. Extinction des feux.
Soudain, un gros bruit. Aussi soudain qu'indescriptible. Erwin allume sa torche (électrique) et la dirige vers la rivière. Le niveau de celle-ci vient de monter d'un mètre en quelques secondes ! Notre guide semble confiant dans les deux derniers mètres qui nous séparent encore du niveau de l'eau. Nous sommes nettement moins rassuré, surtout qu'en 2003, la moitié du village de Bukit Lawang fut détruite et presque 300 personnes sont mortes … à cause d'une crue brutale ! Erwin veille, nous nous endormons et nous réveillons le matin, les pieds au sec : plutôt bon signe. Un petit tour à la piscine, une petite ballade, un déjeuner. Nous profitons de nos dernières heures dans la jungle. Adi arrive avec le raft : 3 chambres à air de tracteur attachées ensemble. Pas de casques, ni de gilet. Les normes de sécurité sont un peu plus laxistes ici (ou elles sont trop sévères en France … au choix !)
Nous mettons nos sacs dans des sacs-poubelles et nous les ficelons sur le rafiot. Les chambres à air semblent résister à notre poids et aux chocs avec les rochers. La descente est amusante et assez mouillante. Nous faisons une petite halte au centre de quarantaine. On y soigne les Orang–Outans. Ceux-ci sont nettement moins fun que ceux dans la jungle. Ca nous attriste un peu de les voir complètement prostrés.
La descente se termine à Bukit Lawang, au milieu des pelles mécaniques qui déblaient encore la rivière depuis la fameuse crue de 2003. Elles ont la gentillesse de lever leur godet pour nous faciliter le passage. Mon appareil photo étant au sec dans mon sac (j'espère), je ne peux pas vous ramener d'images de cette scène assez atypique.
Nous arrivons à Bukit Lawang. Le temps de ce changer et nous partons à la recherche d'un minibus pour rentrer à Medan. Erwin nous accompagne car il va retrouver sa femme et son fils qui vivent là-bas. Le minibus est pire qu'à l'aller. Ça commence par un pneu à plat, puis un essuie glace qui s'arrache alors qu'il pleut des cordes. On descend. On monte dans un autre bus. C'est cool d'avoir Erwin avec nous pour traduire la situation !
Nous finissons par arriver à Medan où nous retrouvons Budi et son épouse qui nous conduisent à une guest house où nous passons la nuit. Réveil matinal, petit déj en vitesse. On file à l'aéroport … à pied ! C'est la première fois que ça m'arrive !
Nous arrivons à Kuala Lumpur. Le temps de me changer et de prendre une douche (plutôt l'inverse) … je grignote une connerie et je cours pour arriver à l'heure au boulot !
15:15 Publié dans Indonesie | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note
25.04.2006
Semaine 8: Bleu comme l'amour
Gros craquage, dure journée, ou nostalgie du pays … comme vous voudrez. Le fait est que nous avons eu besoin d’une petite douceur pour nous remonter. Certains diront que ce n’est pas raisonnable. Que la morale reprouve ces choses-là … Ces gens n’ont probablement jamais vécu loin de leur pays natal et de leur culture. Nous avons des circonstances atténuantes et si c’était à refaire, nous recommencerions sans hésiter. Le fait est que Fix et moi sommes partis de chez nous, quelques billets en pôche … direction Sungai Wang !!!
Nous y avons trouvé précisément ce que nous étions venus y chercher. A savoir, tous les ingrédients nécessaire pour préparer des pâtes au roquefort. Mon dieu que c’était bon. Pourtant, ça ne fut pas facile. Une cuisine très rudimentaire ne mettant qu’une seule et unique poêle à notre disposition. Un bain-marie improvisé dans un bocal. Mais la faim justifie les moyens.
Nous avons tenu presque 2 mois avant d’être vraiment en manque de Western Food. Mais là ; c’en est trop. Raz le bol du riz, de la bouffe épicé et des baguettes (même pas françaises). Il est temps de le reconnaître. Nous sommes accros. Le fromage et le vin rouge sont nos drogues. Nous en avons désormais la certitude : la désintox sera longue … et il y aura des rechutes !
P.s : Nous espérons sincèrement que la grippe aviaire épargnera quelques canards gerçois. Si la pandémie venait à montrer le bout de son nez, nous vous serions très reconnaissant de bien vouloir congeler quelques magrets pour notre retour.
16:45 Publié dans Malaisie, Miscellaneous | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note
21.04.2006
Semaine 7: Singapore
Personnellement, quand je dors … la terre pourrait s’écrouler, ça me perturberai pas plus que ça. Quant à Fix, il a le sommeil léger mais le réveil long. Dans un demi-sommeil, il se lève et se dirige machinalement vers la porte d’entrée. Un rapide coup d’œil dans le Juda. Un deuxième. Cette fois c’est sûr, c’est un rêve. Pas de quoi s’affoler, il retourne dans les bras de Morphée. Mais la sonnette insiste. Fix commence à émerger, fait demi-tour, ouvre la porte et tombe nez à nez avec …
Pour avoir la suite de l’histoire, merci d’envoyer un cheque à l’ordre de ILoveKL Sdn Bhd ; Nous nous chargerons de remplir le montant !!!
Trève de plaisanterie, je reprends …
Fix commence à émerger, fait demi-tour, ouvre la porte et tombe nez à nez avec … Damien !!! Un toulousain ! Ici !
Pour ceux qui ne connaissent pas personnellement Damien et Fix (il en reste encore) je me permets d’apporter quelques précisions : Damien est un très bon ami, mais il est supposé être à Toulouse. Sa venue à KL étant restée aussi secrète que le nom de l’assassin de JFK, je vous laisse imaginer la surprise de Fix ! En voyage d’affaire à Hong Kong, il a profité de quelques jours de libres pour venir nous voir. Sympa ! Un malheureux concours de circonstance et un mauvais timing ont fait échouer la rencontre initialement prévue à la terrasse d’un bar avoisinant. Heureusement, le jeu de piste comportait quelques indices supplémentaires qui lui ont permis de remonter la piste jusqu’à notre appartement …
Du coup, pour fêter ça … et pour remercier les indices restés au pub irlandais, nous sommes repartis pour quelques bières…
Mon appareil photo étant malheureusement décédé, mort en tombant d’un tuk tuk au milieu des temples d’Angkor, il va me falloir quelques jours pour récupérer les photos correspondantes à cette semaine…
Heureusement la semaine fut courte et le vendredi soir, nous sommes repartis en compagnie de Chang (cf : Semaine 2, 3 & 4, Ipoh et Cameron Highlands) pour accompagner Damien à Singapour.
Nous sommes arrivés Vendredi soir à Port Dickson où nous avons pris une chambre au Kong Ming Hotel : un petit hôtel miteux, sur la plage, 10 euros la nuit pour 3 personnes, toilette crade, ventilateur et moustiques compris. Petite soirée tranquille sur le sable fin. Feu de camp, ciel étoilé, bières et bain de minuit dans une eau a 28°C : le paradis !
Le lendemain matin, direction Melaka : un ancien comptoir portugais, allemand puis anglais, avec une très jolie architecture. Nous avons brièvement visité le centre historique avant de déposer la voiture chez un ami de Chang et de prendre un bus pour Singapore.
Nous sommes arrivés à Singapore en début de soirée. Un taxi nous a conduit chez Angad, un indien travaillant à Singapore avec qui Damien était en colloc au Mexique … Small World. Singapore est à la fois une île, un pays et une ville. C’est pas très grand mais très moderne. Pas grand-chose à visiter, mais par contre, beaucoup d’endroits pour sortir. La soirée s’est terminée au bord d’une piscine, vers 5h du mat, heure à laquelle Damien a pris un taxi pour rejoindre l’aéroport et attraper son vol pour Hong Kong. Quelques heures de sommeil plus tard, nous sommes repartis de notre côté, pour rentrer à la maison…
Caro, tes conseils étaient parfaits. C'était très sympa de suivre tes traces et de t'imaginer dans ce pays. On ira ensemble la prochaine fois. Raph, merci pour ton accueil et rdv à KL. Damien, c’était grand ! Rosa, ça à l’air de se préciser … Keb’, merci pour tes encouragements. Mag, n’hésite pas à laisser des commentaires comme le dernier. Les québécois, le soleil est de retour ? Marine, le film est en préparation. Gros bisous à tous …
19:25 Publié dans Malaisie, Singapore | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note
12.04.2006
Semaines 5 & 6: Cambodge
Salut !
Bon, depuis la dernière fois, il s’est passé pas mal de choses. J’ai du ciel bleu et quelques tampons de plus dans mon passeport !!!
Passons rapidement sur la vie quotidienne. Pendant la semaine, les jours passent et se ressemblent ; sauf quand arrivent les « publics holidays ». Nous avons profité d’un de ces jours fériés pour nous offrir quelques jours de repos bien mérités au Cambodge (bien que repos ne soit pas exactement le terme qui convienne). Nous sommes donc arrivés Samedi 8 Avril à Phnom Penh où nous avons retrouvé cette chère Raphaëlle, en stage à l’ambassade. Les réceptions de Mme l’ambassadeur étant toujours un succès, nous n’avons pas été déçus du voyage. Après avoir bravement risqué nos vies entre l’aéroport et le centre ville, à 3 sur une mobylette, au milieu de la circulation imprévisible qui anime les rues de la capitale, nous avons retrouvé Raphaëlle au FCC, un bar des plus sympathiques, à l’étage, avec vue sur le Mékong et le Tonlé Sap … Nous nous sommes remis de nos émotions autour d’ une « Angkor Beer », en attendant paisiblement que le soleil se couche…et que la vie nocturne de Phnom Penh commence. Là, Raph nous avait préparé un petit cocktail de soirées, qui nous a conduit à la recherche d’un bar que jamais nous ne trouvâmes. Heureusement pour nous car le lendemain, nous nous sommes levés avec le soleil pour aller prendre le bateau pour Siem Reap. Les routes n’étant pas spécialement en bon état, c’est un moyen rapide et surtout beaucoup plus agréable pour se rendre à Siem Reap. Assis sur le pont, nous avons remonté le Tonlé Sap, à travers les villages flottants, les embarcations de pêcheurs, les vaches, la végétation luxuriante… Un voyage dans le temps au milieu de paysages somptueux, sous un soleil de plomb. Les 4 heures initialement prévues se sont un peu étirées et, après avoir changé 3 fois de bateau au fur et à mesure que la profondeur du fleuve diminuait, nous sonmes arrivés au village flottant de Chong Kneas avec 3 heures de retard et brûlés au 8ème degré. Le temps est une notion futile au Cambodge !
À l’arrivée, nous avons pris un Tuk Tuk (une moto avec remorque) pour rejoindre Siem Reap et notre Guest House. Après avoir s’êtres entendus avec le chauffeur du Tuk Tuk pour qu’il passe nous chercher le lendemain à 5 heure et nous trimballe de temple en temple pendant toute le journée, et après une bonne douche de Biafine®, nous sommes allés prendre un verre dans un bar-temple bouddhiste, avant d’aller manger un truc super épicé dans un resto qui aurait récemment accueilli, paraît-il, un certain Mick Jagger (à vérifier).
Angkor fut la capitale de l’Empire Khmer qui s’étendait du Myanmar au Vietnane, de 802 à 1432. C’était à la fois un centre politique et spirituel où chacun des Dieu-Roi qui se sont succédés ont essayé de surpasser leurs prédécesseurs en érigeant des temples aux symétries parfaites, de plus en plus majestueux et raffinés. A son apogée, Angkor abritait plus d’un million de personnes
Le lendemain, notre chauffeur est passé nous récupérer à 5h, pour nous conduire aux temples d’Angkor Vat pour le levé de soleil. C’est le plus célèbre, mais aussi le plus majestueux de tous les temples du site. Nous avons eu la chance d’en profiter avant l’arrivée massive de touristes et nous avons pu nous promener tout seul dans les différentes pièces et couloirs. Ensuite, le chauffeur nous a conduit à Angkor Thom, où nous avons visité le Bayon, la Terrasse aux Eléphants, … le Ta Keo. Puis le Ta Phrom, complètement envahi par la jungle. C’est mon préféré, ambiance Mowgli !!! Ensuite, direction le Banteay Srei, un temple un peu à l’écart, dédié à Shiva et aux femmes. Pour gagner du temps, nous avons sauté le repas et sommes allé visiter le Pre Rup, le Mebon Oriental, le Banteay Kdey et le Srah Sang. Notre journée s’est terminée par un coucher de soleil depuis le haut Phnom Bakeng.
De retour à Siem Reap, nous sommes partis à la recherche d’un taxi pour nous ramener à Phnom Penh. De nuit et en plein nouvel an Khmer, c’est plutôt rare. Mais dans ce bas monde, tout s’achète. Après s’être fait arnaquer comme des touristes débutants, nous nous sommes lancés sur les 400 Km de route qui nous séparait de la capitale. Cette route a été construite il y a 2 ou 3 ans, mais n’allez pas vous imaginer qu’elle est toute neuve. Le problème réside surtout dans le manque (ou l’absence) d’éclairage et le fait que la population ne se soit pas encore habituée à sa présence. Nous avons donc assisté à une superbe prestation de la part du pilote, excellant dans l’art du Jin Kana, esquivant les vélos, les nids de poules, les animaux et les gens mangeant, dansant ou dormant sur la route. Après plusieurs frayeurs, nous sommes arrivés à destination, sains et saufs, sans avoir tué qui que se soit sur le chemin. J’envisage de prendre contact avec le Guinness Book pour faire homologuer cette performance.
Le mardi matin, nous sommes allé faire une petite ballade au Central Market. Une sorte de marché couvert où l’on trouve absolument tout ce qu’on cherche et même plus, le tout moins cher qu’ailleurs quand on a l’art et le manière de négocier !!! Ensuite, déjeuner sur une superbe terrasse en bois, au bord du lac, dans le quartier préféré des backpakers en tout genre … un adieu plein de larme et nous voilà partit plein à bord d’un Tuk-Tuk pour rentrer à la maison.
La tête plein de souvenir, nous aurions pu passer une bonne nuit de sommeil réparateur, mais sur les coups de 1h du mat, quelqu’un est a sonné à la porte …
To be continued !
12:00 Publié dans Cambodge | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note
01.04.2006
Semaines 2, 3 & 4: Ipoh & Cameron Highlands
Je sais, à peine commencé, j’ai du retard … mais c’est pas évident de trouver le temps de s’asseoir devant un ordinateur pour tout vous raconter.
Je vais essayer de me souvenir …
La vie suit son cours sous les tropiques malaisiens. Sea, sex and work … Enfin, la sea, on l’a pas encore vu, quand on sex, c’est beaucoup trop cher, même en Malaisie. Du coup, il reste le work. C’est assez prenant. Ici, personne n’a encore eu l’idée de manifester pour les 35h … ni pour quoi que ce soit d’ailleurs. Mais nous ne sommes absolument pas à plaindre…
On s’habitue à l’hygiène et aux épices. On prend progressivement des couleurs et on fait connaissance avec de nouvelles personnes.
Mi-mars, nous avons été invités à un mariage malais. Je vous laisse regarder les photos … c’était très sympa. D’ailleurs, j’envisage sérieusement d’adopter la même tenue lors de mon mariage (dont la date reste encore à fixer). Je suis sûr que ça peut faire son petit effet.
Dans la série mariage, nous avons également été invité à un mariage chinois. Cette fois-ci, c’était dans la ville d’Ipoh, à 200 Km au nord de KL. Nous y sommes allés avec deux chinois de notre age, collègues de Fix. Ils en ont profité pour nous faire découvrir la région et la province de Perak. Un premier arrêt à Pun Chum, dans un resto chinois plus que traditionnelle (spécialisé dans les noodles !!!). Pour l’instant, j’ai pas encore vu un Nem ou un rouleau de printemps … ni rien de ce qu’on trouve normalement dans les restos chinois en France. On nous aurait menti ?
Après ça, nous sommes partis faire une petite balade dans une grotte immense où il doit faire dans les 300°C, avec 200% d’humidité (pardon, des restes de mon séjour a Marseille). Il y a plein de grottes immenses dans la région. Ils ont construit des temples en tout genre dans bon nombre d’entre elles. Ils se servaient des autres pour se cacher des communistes, il y a quelques années … Après cette visite éprouvante, celle de Kelie’s Castle, un château construit au début du XXe siècle pour un Ecossais mégalo, nous arrivons à Ipoh. Le temps de poser nos affaires à l’hôtel et nous partons pour et Ling Sen Tong et San Poh Tong, deux temples construit dans des cavernes. C’est très kitch mais assez impressionnant. Dans le 2ème temple (bouddhiste) vivent un nombre incroyable de tortue, généreusement nourries par les pratiquants et les touristes.
Ainsi se termine cette journée. Retour à l’hôtel, douché, changé, coiffé et habillé, nous sommes fin prêt pour aller au mariage chinois auquel nous avons été invité par nos sympathiques compagnons de route. Coutume oblige, nous avons droit à un repas pantagruélique au cours duquel nous voyons défiler l’intégrale du répertoire culinaire chinois, en burp majeur. Le tout avec des baguettes s’il vous plait ! Ça paraît un détail … mais que ceux qui ont déjà essayer de dépiauter une crevette fassent un effort de mémoire : c’est chiant avec les doigts et presque infaisable (sans en foutre partout) avec un couteau et une fourchette … Et bien mesdames et Messieurs, je vous demande de vous lever et de nous applaudir bien fort car nous avons accompli cet exploit… avec des baguettes !!! Après cette épreuve initiatique, nous nous sommes régalés avec la soupe aux ailerons de requins et nous leur avons presque pardonné de mettre de l’eau et des glaçons dans le Cognac.
Courte nuit de sommeil, reveil matinal pour un petit déjeuné, toujours dans l’ambiance traditionnelle. Oubliez les croissants et le jus d’orange. À part le thé, rien ne distingue le petit’dej d’un repas normal ! Une fois rassasié, en route pour Cameron Highlands : une chaîne de montagne à l’Est d’Ipoh où l’on trouve des fermes de framboises, de cactus et de thé. Visite de l’usine de conditionnement et dégustation sur une terrasse surplombant les champs de thé (je vous laisse regarder les photos). On se sent vraiment en Asie !!!
Fix, Barnabé et moi vous saluons bien bas ;
P.S : Merci à ceux qui prennent le temps de lire ce blog, n’hésitez pas à laisser des commentaires pour nous encourager à continuer. Courage les québécois, l’hiver touche à ça fin. Marine, rendez-vous en Mai. Pierre, tu viens quand tu veux, Shangaï est pas si loin. Damien. Keb’, deviens citoyen du monde ! Rosa, on fait les repérages et on te prépare un bon petit séjour. Gros bisous à tous les toulousains.Josephine, glad you like the pictures, hope you remind of your french courses. Just ask if you need a translation.
12:00 Publié dans Malaisie | Lien permanent | Commentaires (6) | Envoyer cette note
10.03.2006
Semaine 1: Kuala Lumpur
Selamat Pagi !
Ça est, nous voici à Kuala Lumpur, Malaisie. Logés dans un superbe T3, Fix et moi nous remettons paisiblement du décalage horaire. Nous sommes extraordinairement bien placés : quelques minutes à pied pour aller bosser, des restos miteux et autres épiceries tout autour, un bon compromis entre quartier des affaires et quartier populaire. L’appart, comment dire, c’est ce qu’ils appellent ici un condo : un immense building d’une vingtaine d’étages avec piscine, salle de gym, laverie … peuplé d’expats ou de riches chinois. Le grand luxe !!!
Découverte d’un milieu professionnel multi-culturel : des malais, indiens et chinois qui parlent tous un anglais parfait mais avec un accent incompréhensible. Ça demande un petit temps d’adaptation, mais c’est jouable. Je me retrouve avec un bureau (bien grand mot pour un box en open space) au vingtième étage d’une tour de verre, avec une vue imprenable sur les Petronas Tower. C’est de toute beauté !!! Pour l’instant, je me farcis des tonnes de docs sur les turbines et les centrales électrique. C’est sympa un moment, mais bon … Heureusement, la semaine prochaine, je rentre dans le vif du sujet en démarrant sur un nouveau projet pour la construction d’une centrale en Australie. Ça devrait être beaucoup plus captivant. Le rythme de travail n’a rien avoir avec celui de la France. Avec 45h par semaine, ça laisse peu de temps libre le soir.
Nous faisons le tour des hawkers, sorte de resto douteux, dedans ou dehors, où l’on te verse dans une gamelle tout aussi douteuse, un plâtrasse de riz blanc, accompagnée d’une viande en sauce, généralement très épicés !!! C’est bon et pas cher. Pour la vie nocturne, les malais sont principalement musulman, donc pas d’alcool dans la majorité des bars. Il reste les Karaokés chinois (Fix et moi y avons fait récemment une prestation qui devrait rester dans les annales) et les pubs pour expats.
Voilà, nos journées sont ponctuées de marchandage en tout genre, pour la bouffe, le taxi, les fringues. Nous arrivons à pas trop (plus trop) nous faire avoir. Ceci dit, avec nos jolies minois d’européens, ils nous voient venir de loin, les bougres ! Heureusement, en jouant la carte du « eh ! j’habite ici … tu vas pas me la faire ! », on arrive à limiter la casse. Le reste est une question de sens de l’humour, surtout avec les chinois.
Cette première semaine nous a permis de prendre nos marques, mais si vous êtes patients, vous aurez droit à plus d’anecdotes croustillantes la prochaine fois…
12:00 Publié dans Malaisie | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note